Wednesday, 7 April 1880
Mercredi 7 avril 1880
Vente plus animée. J'ai ma robe verte qui cause une véritable sensation par sa simplicité et ma taille. Soutzo, Wodzinski, Lahovari, les Poitrineau, Mme Gavini. Je vends encore un bon cent cinquante francs à Mme Gaupillat, les autres quatre à Mmes de Tredern, Reille et deux à Mme de Tanlay.
Le tableau est vendu à M. le prince Soutzo trois cents francs. Il n'y a d'animation qu'à notre boutique, on a l'air d'y vendre énormément et l'on y vend plus qu'ailleurs.
Je m'amuse et je leur fait de l'argent, tantôt par une cigarette tantôt autre chose.
C'est Mme Gavini qui m'anime, quand elle est là je me soutiens.
N'oublions pas que Julian m'a annoncé ce matin que mon tableau est reçu et chose curieuse je n'en éprouve aucune satisfaction. La joie de maman m'ennuie. Ce succès-là n'est pas digne de moi.
Du monde à dîner ce soir. Mmes Gavini (Denis est en Corse) Pernety, M. de Miranda, sa fille, MM. de Morgan, de Rouzat, Soutzo, de Chaudordy, de Las Cases.
Mademoiselle de Villevieille vient le soir.
Miranda me promet des démarches auprès de M. Turquet pour que mon tableau soit bien placé.
Les portraits que j'ai à faire sont Mmes la vicomtesse de Tredern, cent francs, la baronne Reille, cent francs, les deux petites filles de Mme de Tanlay, deux cents francs. Mme Renouard (fille de la princesse Lubominska, cent cinquante francs et Mme Gaupillat, cent cinquante francs. Ajoutez-y les trois cents francs du tableau vendu à Soutzo et cela fait mille francs, puis je pense que j'ai pris à droite et à gauche une centaine de francs.