Tuesday, 6 April 1880
Mardi 6 avril 1880
Nous vendons de la tableterie, un tas de petits objets, des cigares, des cigarettes etc. Ma peinture encadrée domine la boutique. Nous ne connaissons que la duchesse de Fitz-James et la baronne Reille et puis Mme Sickels une beauté que nous avons rencontrée au dernier bal. Je suis en velours noir, fatiguée, triste. Nous ne connaissons personne, nous sommes seules, c'est ennuyeux.
En face la boutique de la comtesse de Montebello, Mme d'Hervey n'est pas encore venue.
Je ne m'anime qu'en vendant quatre bons de portrait de la dimension du tableau à cent francs chaque. Mmes de Fitz-James et Reille trouvent cette idée des bons, divine.
Les Tchoumakoff viennent acheter pour quelques francs. Morgan a envoyé dix francs. Mme Pernety dix francs.
Le soir aux Italiens, "Rigoletto". La Patti est adorable, j'ai passé une soirée vraiment agréable. Dans "Rigoletto" elle est encore mieux que dans "Lucie". Les journaux conservateurs et "Le Pays" éreintent mon Prince. Débinades intéressées qui ne détruisent en rien la valeur de la lettre et la sagesse de sa politique. Il n'y a qu'une phrase qui m'accroche c'est: "anéantir l'Etat et le mettre au pieds de la théocratie".
Enfin... on pourrait dire en le mettant aux pieds etc. mais passons. Les journaux républicains sont inquiets sans en avoir l'air et "le Gaulois" est très sage.