Diary of Marie Bashkirtseff

Samedi 24 janvier 1880

Our Saturdays are well attended. There are few absentees. Mme Pernety comes and says that Mme Gavini is ill, which means that abandoning Mme de Bailleul, Wodzinski, and Soutzo, whom we had kept for dinner, around nine o'clock in the evening with my aunt and Dina, Maman and I go to the rue d'Astorg. She is all alone, busy knitting a bedspread for Denis, very happy. That dear little woman. I was sure she would not leave me alone. We had to stay until Denis had returned from Rouher's, and then I learn that he (Gavini) has lunched at Plon-Plon's. Thereupon I have a fit of true enthusiasm, for I love this Prince and esteem him very adroit and altogether superior. And I point out that I was the first to rally to him, the little Prince being scarcely dead. "That does not prevent you from making escapades toward the Republic," the old man says to me. But no, and I shall make more, and everywhere I can take something I shall take it, and then if Plon-Plon dies I shall love his son, or another. And thereupon follies.

Nos samedis sont suivis. Il y a peu d'absents. Mme Pernety vient et dit que Mme Gavini est malade, ce qui fait que lâchant Mme de Bailleul, Wodzinski et Soutzo qu'on avait retenus à dîner vers neuf heures du soir avec ma tante et Dina, maman et moi allons rue d'Astorg. Elle est toute seule, en train de tricoter un couvre-pied pour Denis, très heureuse. Cette chère petite. J'étais sûre qu'elle ne me laisserait pas seule. Il a fallu rester jusqu'à ce que Denis fut revenu de chez Rouher et alors j'apprends qu'il (lui Gavini) a déjeuné chez Plonplon. Là-dessus j'ai un accès d'enthousiasme vrai, car j'aime ce Prince et l'estime très adroit et tout à fait supérieur. Et je fais observer que je m'étais ralliée la première, le petit Prince étant à peine mort. Ça ne vous empêche pas de faire des fugues vers la république me dit le vieux. Mais non, et j'en ferai encore et partout où je pourrai prendre quelque chose je le prendrai, et puis si Plonplon meurt j'aimerai son fils, ou un autre. Et là-dessus des folies.

[Written across the page: Plon-Plon will not hear of Cassagnac, and Gavini has confessed that his latest articles in Le Pays are quite mad. So I am not alone in saying so.]

[En travers: Plonplon ne veut pas entendre parler de Cassagnac et Gavini a confessé que ses derniers articles du Pays sont tout à fait fous. Je ne suis donc pas seule à le dire.]

At lunch there were the Duke of Felbre, Baron Brunet, Gavini, Larlande, Roy de Laulai, and two others, and the Prince; that makes eight.

Il y avait à déjeuner le duc de Felbre, le baron Brunet, Gavini, Larlande, Roy de Laulai et deux autres et le Prince; ça fait huit.

Afterwards I rush to see if de Daillens is sufficiently recovered to go to the Opera ball. Alas, no. I am furious this evening. By the way, the Count de Rouzat (introduced at the soiree, ugly, 60,000 or 100,000 francs of income, very good family and perfectly received in the best, the most exclusive houses, but a little ridiculous and a friend of the most illustrious, most grand, most handsome, and most magnificent Arnaud, lord of the Ariege) relates that Arnaud had at old Madame Adam's an oriental costume that cost 15,000 francs, not including jewels. It had been brought from Constantinople, marvellous fabrics. And Coquelin had one even finer.

Après je cours voir si de Daillens est assez rétablie pour aller au bal de l'Opéra. Hélas non. Je suis enragée ce soir. A propos le comte de Rouzat (présenté à la soirée, laid, 60.000 ou 100.000 livres de rente, très bonne famille et parfaitement reçu dans les meilleures, les plus sévères maisons, mais un peu ridicule et ami du très illustre, très grand, très beau et très magnifique Arnaud, seigneur de l'Ariège) raconte qu'Arnaud a eu chez la mère Adam un costume oriental qui a coûté 15.000 francs sans bijoux. On l'avait fait venir de Constantinople, des tissus merveilleux. Et Coquelin en avait un plus beau encore.

These two aristocrats at the end of the ball lay down on the floor and seized the ladies by the feet. Perhaps it is merely gossip! And besides, in private! I am anxious to know whether Hecht has said horrors about us to Juliette Lamber at her last Wednesday...

Ces deux aristocrates se sont à la fin du bal couchés par terre et ont attrapé les dames par les pieds. C'est peut-être un cancan ! et puis dans l'intimité ! Je suis inquiète de savoir si Hecht a dit des horreurs de nous à Juliette Lamber à son dernier mercredi...