Sunday, 18 January 1880
Dimanche 18 janvier 1880
Nous faisons beaucoup de visites. Chez les Gavini il y a foule. Toute la famille Multedo, excepté lui. Le marquis, la marquise et Mme Piccioni née Multedo. Nous nous faisons des politesses. Moi je cause avec Las Cases et Nervo.
Las Cases a soixante mille francs de rente et un bel hôtel rue Saint-Florentin.
Je m'étais trompée en le supposant nu.
La comtesse Waldner et la vicomtesse Pernety n'étaient pas chez elles. Nous laissons des cartes ainsi qu'à Mme Adam.
Des docteurs et autres gens sérieux chez Mme Krishaber.
En rentrant nous trouvons les Lancaster et M. Bertin et eux partis arrive M. Géry. Le père de l'incomparable...
Je suis portée vers la mélancolie grâce à ma toux et à ma douleur au côté. Cela me donne l'air tragique et l'adorable Gabriel reparaît. Il a déjà reçu mon envoi sans doute.
Ah ! tous ces gens là m'ennuient ! Je voudrais m'affranchir pour voir qui je veux. Me marier avec un Russe ou un Italien pour être libre en France..., grand seigneur très bien posé. Ou bien épouser Gambetta ou Arnaud mais ce sont là des rêves.
Le Russe ou l'Italien, voilà la réalité. Mais un homme du monde français appartenant nécessairement à un parti jamais ! à moins que ce soit une fortune exceptionnelle.
Vous me comprenez enfin.
Je trouve les gens du monde insipides ! Et notez que je vois des bonapartistes qui sont les amusants... Oui, la société pour les convenances mais le monde intelligent...
Ah ! je suis malheureuse.