Thursday, 3 April 1879
Après tout la vie est bonne, je chante et je danse quand je suis toute seule, car la solitude complète est une grande jouissance. Mais quel supplice quand elle est troublée [Mots noircis: tantôt par ma tante, tantôt par la petite Oelsnitz, cette petite me rend la vie amère, comme l'est la mienne par les domestiques et par la famille, pourtant la] famille... écoutez, ce matin en revenant d'atelier je me suis imaginée heureuse et vous ne pouvez pas croire quelle tendresse j'ai trouvée au fond de mon cœur pour tous les miens, pour cette bonne tante, tout dévouement et abnégation., mais voilà, je ne suis pas heureuse.
La petite Oelsnitz me rend la vie amère. Je ne prends plus de thé parce qu'elle le verse et quand je suis obligée de manger du pain qu'elle a tranché avec ses mains I! Je gagnerai un anévrisme en courant comme une folle par les escaliers pour faire une seconde de chemin sans elle, en la devançant. Pour prendre la carafe ou le vinaigrier je les prends tout au rebours pour ne pas toucher ce qu'elle a touché. Elle a de l'insecte cette pauvre fille, et son air plaintif et ses ongles noirs me font mal et m'écœurent.