Diary of Marie Bashkirtseff

It is stupid, but the envy of these women pains me. It is so petty, so base, so ugly. I have never known how to envy.

C'est bête mais l'envie de ces femmes me fait de la peine. C'est si petit, si bas, si vilain. Je n'ai jamais su envier.

I regret not being what another is; I bow before superiority — it vexes me, but I bow. Whereas these creatures... there are prepared conversations, little smiles when someone is spoken of who has pleased the master, remarks aimed at me whilst speaking of another, by which it is demonstrated that atelier successes mean nothing. They have finally arrived at the conclusion that competitions are a foolishness — all the more so since Lefebvre has bad taste and likes only drawings stupidly copied from life, and Robert-Fleury is not a colourist.

Je regrette de ne pas être ce qu'est une autre, je m'incline devant la supériorité, j'en suis fâchée mais je m'incline. Tandis que ces créatures... ce sont des conversations préparées, des petits sourires quand on parle de quelqu'un de qui le professeur est content, des mots à mon adresse en parlant d'une autre, par lesquels on démontre que les succès d'atelier ne veulent rien dire. On est enfin arrivé à cette conclusion que les concours sont une bêtise d'autant plus que Lefebvre a mauvais goût et n'aime que les dessins copiés bêtement sur nature et que Robert-Fleury n'est pas coloriste.

In short, the masters are incompetent despite their fame — and it is Mlles Amélie, Breslau, and Nordgren who have so judged. I quite agree with them when they say that atelier glories are nothing — for at least two of the three will remain deplorable mediocrities while passing for first-rate artists among their fellow students. As for me, the students do not like me at all, but the masters are pleased. It is so amusing to hear these women say the exact contrary of what they said ten months ago, when they were certain of winning medals or coming first. It is amusing because it is one of those comedies played out everywhere in this world — but it gets on my nerves. Perhaps it is because, after all, I have an honest nature.

Bref les maîtres sont incapables malgré leur célébrité, et c'est Mlles Amélie, Breslau et Nordgren qui l'ont jugé ainsi. Je suis bien de leur avis quand elles disent que les gloires d'ateliers ne sont rien. Car voilà au moins deux sur trois qui resteront de déplorables médiocrités tout en passant pour artistes de premier ordre auprès des autres élèves. Moi les élèves ne m'aiment pas du tout, mais les maîtres sont contents. C'est si amusant d'entendre ces femmes dire tout le contraire de ce qu'elles disaient il y a dix mois quand elles étaient sûres d'être médaillées ou premières. C'est amusant parce que c'est une de ces comédies qui se jouent partout dans ce monde, mais cela me donne sur les nerfs. Peut-être est-ce parce qu'après tout j'ai une nature honnête.

De Daillens [says] she overlooks a good deal in me because: Marie has the most honest nature in existence.

De Daillens [dit] qu'elle me passe bien des choses parce que: Marie a la nature la plus honnête qui existe.

These atelier miseries bore me, irritate me, despite all my reasoning. I am indeed impertinent to surpass them.

Ces misères d'atelier m'ennuient, m'agacent, en dépit de mes raisonnements. Je suis bien impertinente de les devancer, en effet.