Diary of Marie Bashkirtseff

Yesterday some ruffian brought M. Georges round to us; the concierge would not let him come up, and we sent him to the devil — not without my mother, who is, God forgive me, an idiot, promising to pay. A little more and she would have received him. I say nothing further — but this blow nailed me to the sofa, where I lay swooned or asleep until midnight. My head still aches from it.

Hier un voyou quelconque a amené M. Georges chez nous; le concierge ne l'a pas laissé monter et nous l'avons renvoyé au diable, non sans que ma mère qui est, Dieu me le pardonne !, idiote est promis de payer. Encore un peu et on le recevait. Je ne dis plus rien, mais ce coup m'a clouée sur le canapé où je suis restée pâmée ou endormie jusqu'à minuit. J'en ai encore mal à la tête.

De Balorre, de Wykerslooth, de Souza, and Berthe have called or written. I am keeping you L'Estafette, with its account of the mass in honour of Thiers, and Le Pays, where Cassagnac has composed a true lyric song — one is almost tempted to think it a dithyramb, or perhaps a canticle of Moses... or a philippic — one cannot quite say which. The article is in prose, of course, but it has the air of being translated from a poem. There is something splendid, after all, in defending one's cause with such ferocity. I was almost rational for a moment at my washstand... but Multedo's words came back to me: "soaring over France" — and I fell from my eighth of serenity into the full squall in which I continue to struggle. There is nothing for it... it is dreadful.

Les de Balorre, de Wykerslooth, de Souza, Berthe, sont venus ou ont écrit des lettres. Je vous garde "l'Estafette" qui rend compte de la messe en l'honneur de Thiers, et "Le Pays", où Cassagnac a composé une vraie chanson lyrique, on est tenté même de croire que c'est un dithyrambe ou peut-être un cantique de Moïse... ou une philippique on ne sait au juste quoi. L'article est en prose bien entendu mais il a l'air d'être traduit d'une pièce de vers. C'est tout de même beau de défendre sa cause avec cet acharnement. J'ai été presque raisonnable pendant un instant devant mon lavabo... mais les paroles de Multedo me sont revenues...''planer sur la France" et je suis retombée d'un huitième de sérénité en pleine bourrasque dans laquelle je continue à me débattre. Il n' y a pas à dire... c'est épouvantable.

I have a wild desire to write for a newspaper. I shall think about it; I shall look for an amenable paper that will accept topical pieces directed against the Bonapartists, of course — or else... something quite different; I do not yet know. Do not laugh — you are no less foolish than I.

J'ai une envie folle d'écrire dans un journal, j'y songerai, je chercherai un journal facile qui acceptera des attaques... d'actualité dirigées contre les Bonapartistes bien entendu ou bien... tout autre chose, je ne sais encore, ne riez pas, vous n'êtes pas moins bêtes que moi.

I have a wild desire to write for a newspaper. I shall think about it; I shall look for an amenable paper that will accept topical pieces directed against the Bonapartists, of course — or else... something quite different; I do not yet know. Do not laugh — you are no less foolish than I.

J'ai une envie folle d'écrire dans un journal, j'y songerai, je chercherai un journal facile qui acceptera des attaques... d'actualité dirigées contre les Bonapartistes bien entendu ou bien... tout autre chose, je ne sais encore, ne riez pas, vous n'êtes pas moins bêtes que moi.