Tuesday, 3 September 1878
Tuesday, 3 September 1878
Hier un voyou quelconque a amené M. Georges chez nous; le concierge ne l'a pas laissé monter et nous l'avons renvoyé au diable, non sans que ma mère qui est, Dieu me le pardonne !, idiote est promis de payer. Encore un peu et on le recevait. Je ne dis plus rien, mais ce coup m'a clouée sur le canapé où je suis restée pâmée ou endormie jusqu'à minuit. J'en ai encore mal à la tête.
Les de Balorre, de Wykerslooth, de Souza, Berthe, sont venus ou ont écrit des lettres. Je vous garde "l'Estafette" qui rend compte de la messe en l'honneur de Thiers, et "Le Pays", où Cassagnac a composé une vraie chanson lyrique, on est tenté même de croire que c'est un dithyrambe ou peut-être un cantique de Moïse... ou une philippique on ne sait au juste quoi. L'article est en prose bien entendu mais il a l'air d'être traduit d'une pièce de vers. C'est tout de même beau de défendre sa cause avec cet acharnement. J'ai été presque raisonnable pendant un instant devant mon lavabo... mais les paroles de Multedo me sont revenues...''planer sur la France" et je suis retombée d'un huitième de sérénité en pleine bourrasque dans laquelle je continue à me débattre. Il n' y a pas à dire... c'est épouvantable.
J'ai une envie folle d'écrire dans un journal, j'y songerai, je chercherai un journal facile qui acceptera des attaques... d'actualité dirigées contre les Bonapartistes bien entendu ou bien... tout autre chose, je ne sais encore, ne riez pas, vous n'êtes pas moins bêtes que moi.
J'ai une envie folle d'écrire dans un journal, j'y songerai, je chercherai un journal facile qui acceptera des attaques... d'actualité dirigées contre les Bonapartistes bien entendu ou bien... tout autre chose, je ne sais encore, ne riez pas, vous n'êtes pas moins bêtes que moi.