Thursday, 8 August 1878
C'est décidé nous allons à Ems, ce serait parfait si ce n'était le regret de quitter mes Gans. Je ne sais au juste lequel des deux est mon préféré ; mais je regretterai leurs complets gris et leur chapeaux sur la nuque... Ce matin je suis allée jouer avec les enfants de Coubé en vue des Gans.
Le petit Nick sait déjà dire oncle Gans et quand je lui demande où est Ganz il montre le balcon des princes et dit que l'oncle Gans a des bonbons, des chiens, des balles. Et le soir il m'a tirée par le bras pour chercher l'oncle Gans dans tout le parc et enfin il me mena devant la porte de la demeure chaste et pure des Gans que le pauvre petit envisage comme un vrai paradis.
Madame Abaza a acheté une cythare et je l'ai reconduite le soir avec une lanterne, on rencontre les Ganz que j'illumine au passage et je reviens reconduite à mon tour par deux femmes et Schwarz et Gans se promènent encore devant la terrasse. Ils m'amusent !!
A dîner il n'y avait que Schwarz, j'ai passé la moutarde au prince Ouroussoff qui se confondit en remerciement - ce sont des petits services qu'on se rend, lui dis-je avec intention. Puis autre chose à propos d'un éventail tombé. Schwarz semblait guetter l'occasion de parler avec le vieux prince qui par suite de nombreux départs se trouve en face de lui. Schwarz a daigné dire un - voici monsieur en excellent français, ensuite comme le vieux prince tendait la main vers la carafe en même temps que le jeune, celui-ci, profitant de ce qu'Ouroussoff avec son exquise politesse avait fait un geste en arrière, se versa de l'eau et la passa après au vieillard. Il aurait pu fourrer la carafe sous la table avec son angélique caractère.
Ces deux serins ont parlé à Rosalie qui les a rencontrés dans un couloir... Je ne sais comment faire pour ne pas avoir l'air de me moquer d'eux.
Le soir Thilenius est venu et je l'ai prié de me soigner d'une légère aliénation mentale que je venais de contracter dans le jardin.
Le soir Thilenius est venu et je l'ai prié de me soigner d'une légère aliénation mentale que je venais de contracter dans le jardin.