Thursday, 20 June 1878
The Grand Review — which I do not attend, having tickets, but... I can say nothing; I am so agitated and so extraordinarily disturbed, without being able to account for anything. Each hour that passes... besides, I have declared openly that I want to break off this marriage. How! I do not know. I should like to tell everything in order. At eleven o'clock I am at the Gavinis — no, later — I can say nothing.# Jeudi 20 juin 1878
Voilà, chez les Gavini je raconte qu'une jeune fille suédoise de mes amies est désolée du mariage de Cassagnac. Qu'elle est riche et jolie. Gavini dit qu'il se charge d'arranger cela pourvu que
la Suédoise lui donne l'autorisation. Les Gavini vont ce soir chez la reine d'Espagne, je lui dis que la Suédoise y va aussi. A deux heures je retourne chez eux sous prétexte de leur porter un ananas que je suis sensée avoir reçu de Nice; c'est pour tâter le terrain pour moi, mais là-dessus malgré la présence d'une dame et d'un Monsieur je me mets à *blaguer,* je n'aime pas ce mot car ma blague à moi est spirituelle, fine et comme il faut.
Je leur dis que je suis folle de Cassagnac et que je l'épouserais, ils n'en croient pas un mot bien entendu. On rit, je fais des mots, chante, raconte, éblouis, amuse, charme, tout ce que vous voulez et allez-vous en au diable.
Ensuite nous allons au retour de la Revue. Je suis jolie mais tourmentée ! Mme Gavini me destine Multedo que je refuse immédiatement et à l'unanimité de tous mes sentiments.
Il n'y a pas de réponse, j'écris le mot ci-attaché.
[Jeudi 20 juin 1878]
Vous avez tort de ne pas répondre, ce que j'ai à vous dire ne ressemble en rien à ce que vous pouvez supposer.
Rendez-moi donc le service de me voir demain Vendredi soir chez vous ou à la porte de ma voiture. Cela m'obligera infiniment. J'enverrai prendre la réponse à votre journal de 10 à 11 h.
Il est essentiel pour moi que je vous voie.
J'ai cru que j'allais mourir d'impatience.
Il faut absolument que je lui parle et que j'obtienne quelque chose de quelque manière que ce soit. Il n'y a qu'une seule impossibilité c'est s'il l'aime, mais ce n'est pas probable ! Mon Dieu faites que je le vois. Songez de quoi il y va mon Dieu.
J'ai tant pensé, tant fait, tant dit que je ne sais rien écrire Rappelez-vous le Bal Waddington, il ne s'agissait que d'un bal, et ici c'est une chose terrible, définitive, chaque heure est un siècle.
Mon Dieu ayez donc pitié de moi ! Les Gavini disent que Cassagnac ne mérite qu'Acard et que je suis bien trop jolie, trop riche, trop bien pour lui.
Voyons mon Dieu il est impossible que vous m'abandonniez à un pareil moment. Je veux bien tout sacrifier, richesse, nom, [Mot noirci : robes], monde, bals, chevaux, je n'ai besoin de rien parce que si... j'aurai tout et la gloire et le bonheur, de sorte qu'en sacrifiant tout je ne sacrifie Rien. Voyons Sainte Marie, je ne plaisante pas, ce n'est pas un caprice... c'est drôle quand cela paraît possible j'y tiens à peine mais quand cela paraît impossible j'en meurs !
Il m'a demandé plusieurs fois en passant certaines choses blid., p. 360
sur mon argent de poche, sur ma dot (en parlant de Gambetta) auxquelles je n'ai répondu que par des bêtises.
Si je l'avais compris et voulu j'aurais pu le faire, et dire que j'aurais pu le faire !
Je viens d'improviser une lettre et je suis tout à fait calme.