Tuesday, 4 June 1878
Preservation of titles; equality before the law; all other equality is impossible. Respect for the old families, honours to foreign princes. Protection of the arts; luxury and elegance.# Mardi 4 juin 1878
Ces dynasties, ces ministres qui prennent racine et qui pourrissent sur place infestent le pays, ces protections de cour... Voilà le malheur, voilà la ruine. Tandis qu'un chef constamment renouvelé, changé, les ministères souvent balayés, les fonctionnaires aérés, à la bonne heure voilà qui rend un pays blanc et rose et bien portant et par conséquent capable de tout s'il a l'intelligence et cette chose-là ne manquera pas aux Français.
On reproche le sang, la boue et mille autres belles choses a la Republique. Que diable, regardez les commencements de tout, surtout quand la moitié gâte, empêche, lutte. Plusieurs essais ont échoué, il y avait des souvenirs napoléoniens, il y avait Sainte-Hélène. Qu'y a-t-il à présent... Le stérile M. de Chambord, après lui les d'Orléans... les d'Orléans ne m'amusent pas, on n'aime pas les choses avilies, bâtardes. Quant à Napoléon III, il a à tout jamais perdu sa race. La République de maintenant est la vraie; la longtemps attendue, la définitive, bénédiction du ciel enfin venue. Qu'importent quelques libres-penseurs qui existent dans tous les régimes, qu'importent les exagérations que l'on emploie pour arriver à la vraie mesure. On reçoit bien n'importe qui, mais le pays est-il un salon ? Que les gens de partis choisissent leurs invités, mais la République n'est pas un parti, c'est le pays tout entier et plus on viendra à elle, plus elle ouvrira ses bras et quand tout le monde sera venu il n'y aura ni proscrits, ni délaissés, ni choisis, il n'y aura plus de partis. Il y aura la France, et alors ceux qui seront fautifs seront punis mais non point reniés, comment le pourrait-on ?
Un criminel tache-t-il tout le pays; un vilain homme abime t-il une ville ? On s'en écarte, on le punit, mais on ne [phrase non **TERMINEE]**
Pour le moment la République a trop à faire pour s'occuper des particuliers, elle s'occupe à réunir tout le monde et après si c'est un voleur on lui infligera sa peine mais sans pour cela lui dire qu'il s'en aille au diable ou se fasse bonapartiste.
Quelles sont ces idées de partis, il n'en doit pas avoir.
On fait un crime aux républiques d'avoir des misérables dans leurs rangs et quelle est la nation qui n'en a pas. La République n'est pas un salon, une coterie. Si la France entière devenait
légitimiste ou impérialiste, seraient-ils donc tous purs, tous sans taches ?
Bonsoir, je radote parce que je me dépêche en diable.
L'hôtel à 250.000 francs et tout le reste pour moi qui aime tant mon intérieur, mes livres, mes cahiers, mon encrier... oui mais il n'en est rien ! Il y a des gens qui ont tout, moi je n'ai rien.
Je suis allée à l'Exposition puis au Bois. A l'Exposition nous rencontrons le marquis de Pascarola, de Naples, et au Bois tout l'univers.
Marcuard est sans doute fâché pour son poisson d'avril, car il ne vient pas une seconde fois.
La soirée de M. de Tunis sous-directeur aux Affaires Etrangères, est dans "Le Figaro" et dans deux autres journaux. Nous somms citées.
J'avais à dire... je ne me souviens plus.
Fio veut que j'aille avec elle et les siens déjeuner demain à l' Exposition. Ils partent après-demain. Moi, j'aime mieux aller au Salon avec de Daillens et y donner rendez-vous à des messieurs.
Je me résignais à m'ennuyer avec les Anglais parce qu'ils devaient aller à la Chambre et j'y aurais été avec eux, mais ils partent après-demain, plus de Versailles, par conséquent. Je n'ai donc pas à faire des sacrifices.
Je crois que je vais faire un travail... je m'en occupe déjà... en Allemagne j'aurai le temps d'écrire peut-être avant.