Sunday, 30 December 1877
It is truly pitiful to take up one's pen to relate that Georges has come back, that he entered the dining room, that I rose to drive him out, and that Maman flung herself against me to protect him — as if I could do him harm. No doubt that was not her intention, but it has happened before, and it had put me in a state fit to kill someone; afterwards I explained at length the result of behaving in that way and begged her never to do it again, saying it drove me mad. This evening the same thing. And they dared to say something against me!!!# Dimanche 30 décembre 1877
Ils sont fous ou bien ils veulent que je me tue.
En raisonnant je ne le ferais jamais mais dans un moment comme ce soir, puisque je vous dis qu'ils me rendent folle, folle à lier. Et rien qu'en me souvenant de cette scène je suis prête à aller et à frapper ma mère avec la main, avec n'importe quoi.
La rage m'étouffe... je ne sais ce que je vais faire, je suis restée trois heures couchée et malade et à présent je suis trop enragée, trop en colère, trop hors de moi pour dormir. Mon Dieu ayez pitié de moi, donnez-moi de la patience pour vivre.
[Deux lignes rayées: rencontre Paul; l'arbre de Noël. Tristesse, bonne aventure. Bonbonnière]
^2^ Berne 30 Décembre 1877 Chère Mademoiselle Marie
Merci mille fois de vos bonnes nouvelles et des heureuses nouvelles que vous donnez de Monsieur votre grand père. J'espère que le mieux coninuera progessivement.
Vous recevrez de ma part une petite caisse avec deux gâteaux, l'un pour vous, l'autre pour Mademoiselle Dinaah !! Vous pouvez hardiment y goûter, ce sont des gâteaux noisette, qu'on fait ici spécialement pour les fêtes et qu'on trouve généralement assez bon...
Recevez en même temps que vous et toute votre famille, mes meilleurs vœux , et tous mes souhaits pour la nouvelle année.
Nous partons le 7 Janv. pour Menton , mon père s'étant décidé plutôt pour cet endroit que pour Nice, il ne va pas très bien.
Dites-moi, je vous prie si vous restez à Paris ou tenez moi au courant de vos mouvements.
Votre très dévoué serviteur.
F. de Marcuard