Sunday, 2 December 1877
When I woke I was exactly the colour of a Fragonard painting — it is a pity one cannot always be so.# Dimanche 2 décembre 1877 Quand je me suis réveillée j'étais tout à fait de la couleur des tableaux de Fragonard, c'est dommage de ne pouvoir toujours être ainsi.
On a fait quelques visites, à Mesdames Kanschine, Doubelt, de Fayet, Boyd.
Et moi je suis allée chez mes artistes, Breslau, Schaeppi, Zeller, Forchhammer, l'Italienne qui chante. J'aime mieux être la première ici que la dixième ailleurs. Et ce n'est pas même cela c'est que... je fais là la princesse bonne fille, libérale et tout le reste et on cause, on chante, on crie et surtout on a de l'esprit... quelquefois l'Italienne Maria qui chante de son état... et j'ai une plus belle voix qu'elle. Ce n'est pas juste... Et je n'ai pas encore toute ma voix, décidément ce n'est pas juste.
Je suis heureuse d'être douée de tous les côtés. Misérable !
Au lieu de passer ta vie à te plaindre tu aurais pu cultiver ces richesses que t'a données Dieu, Dieu qui est trop bon pour toi. Enfin tout ce que tu peux y faire c'est de ne plus te gaspiller.
Je suis là-bas la grande dame, on me voit avec une auréole et comme je n'en use pas... je parais doublement charmante. Si vous saviez quel délice c'est de se sentir aimée, admirée, de sentir qu'on plaît, que l'on vous écoute et que dans tout cela il n'y a ni contrainte, ni fausseté, ni mensonge !
En rentrant je trouve Blanc et les cartes des Boyd.