Diary of Marie Bashkirtseff

When I woke I was exactly the colour of a Fragonard painting — it is a pity one cannot always be so.

# Dimanche 2 décembre 1877 Quand je me suis réveillée j'étais tout à fait de la couleur des tableaux de Fragonard, c'est dommage de ne pouvoir toujours être ainsi.

We paid a few calls — on Mesdames Kanschine, Doubelt, de Fayet, Boyd.

On a fait quelques visites, à Mesdames Kanschine, Doubelt, de Fayet, Boyd.

And I went to my artists' — Breslau, Schaeppi, Zeller, Forchhammer, the Italian girl who sings. I would rather be first here than tenth elsewhere. And it is not even that — it is that... there I play the good-natured princess, liberal and all the rest, and we chat, sing, shout, and above all are witty... Sometimes the Italian Maria, who sings by profession... and I have a finer voice than she does. It is not fair... And I have not yet come into my full voice — decidedly it is not fair.

Et moi je suis allée chez mes artistes, Breslau, Schaeppi, Zeller, Forchhammer, l'Italienne qui chante. J'aime mieux être la première ici que la dixième ailleurs. Et ce n'est pas même cela c'est que... je fais là la princesse bonne fille, libérale et tout le reste et on cause, on chante, on crie et surtout on a de l'esprit... quelquefois l'Italienne Maria qui chante de son état... et j'ai une plus belle voix qu'elle. Ce n'est pas juste... Et je n'ai pas encore toute ma voix, décidément ce n'est pas juste.

I am happy to be gifted on every side. Wretch!

Je suis heureuse d'être douée de tous les côtés. Misérable !

Instead of spending your life complaining, you could have cultivated these gifts that God has given you — God who is too good to you. In short, all you can do now is to stop wasting yourself.

Au lieu de passer ta vie à te plaindre tu aurais pu cultiver ces richesses que t'a données Dieu, Dieu qui est trop bon pour toi. Enfin tout ce que tu peux y faire c'est de ne plus te gaspiller.

There I am the grand lady — one sees me with a halo, and as I make no use of it... I appear doubly charming. If you knew what a delight it is to feel oneself loved, admired, to feel that one pleases, that one is listened to — and that in all of it there is neither constraint, nor falseness, nor deception!

Je suis là-bas la grande dame, on me voit avec une auréole et comme je n'en use pas... je parais doublement charmante. Si vous saviez quel délice c'est de se sentir aimée, admirée, de sentir qu'on plaît, que l'on vous écoute et que dans tout cela il n'y a ni contrainte, ni fausseté, ni mensonge !

On coming home I find Blanc and the Boyds' calling cards.

En rentrant je trouve Blanc et les cartes des Boyd.