Tuesday, 27 November 1877
Monsieur Julian came up to us, somewhat rattled after the judgement of MM. Fleury, Boulanger, and Lefèbvre, and addressed us roughly as follows:# Mardi 27 novembre 1877 Monsieur Julian est monté chez nous un peu démonté après le jugement de MM. Fleury, Boulanger et Lefèbvre, et nous a tenu à peu près ce discours :
- Mesdames, ces Messieurs n'ont classé que six têtes après la médaille qui a été gagnée par Mlle Delsarte (la Française) comme vous le savez déjà. Les autres sont classées tout bonnement pour avoir des places au concours prochain et les trois dernières... tireront au sort afin sans doute de ménager l'amour-propre de ces dames...
Une voix me dit que je tirerais au sort et bien que ç'aurait été tout naturel j'en suis restée contrariée. Après ce petit discours qui a produit sur tout le monde une impression considérable il ajouta ces mots :
- Je ne saurai pas reconnaître à qui sont les têtes, qu'une de ces dames veuille bien inscrire les noms au fur et à mesure. 1^ère^ qui ?
- Mlle Wiik-
- zème ?
- Mlle Bang.
. géme ?
- Mlle Breslau.
- 4ème ?
- Mlle Nordlander.
- 5ème ?
- Mlle Forchhammer.
. géme?
- C'est Mlle Marie, s'écria la Polonaise.
- Moi Monsieur ? !
- Oui Mademoiselle.
- Mais c'est ridicule !
Je suis dans les six premières. Amélie, Zillhardt, la Polonaise, sont après moi, je suis la dernière arrivée à l'atelier puisque je n'y suis que depuis le 3 octobre. Sapristi ! [En travers : elles ne m'avaient jamais parlé avant]
Tout le monde est venu me féliciter, Mlle Delsarte (Madeleine, la Française) est venue me dire des choses aimables et sa sœur Marie nous a nommées les deux héroïnes du concours.
- Ce que vous avez-là au bout de si peu de temps est plus qu'une médaille au bout de quatre ans d'études.
Un succès... quel charmant succès mon empereur ! comme dirait ce cher et misérable Alexandre à propos !
Ce pauvre cher Alexandre a de la chance. Pensez donc il a été provoqué par le frère du beau-frère de Marcuard. Il a été provoqué parce que c'est *lui, Alexandre qui a insulté.* Marcuard dit qu'il fera des excuses à plat parce que M. de Martino ne cherche qu'un homme pour l'embrocher.
Pauvre Bijou. Cher et misérable créature qui a raconté des petites lâchetés à Marcuard de moi. Enfin, c'est égal je suis contente pour lui car il ne fera pas des excuses.
Je dois vous dire aussi que nous étions à Versailles avec Blanc et que Popaul n'y étant pas j'ai un peu dormi.
A dîner Marcuard. Ah ! Marcuard, ce que nous avons ri ensemble, j'en ai même pleuré.
L'expérience ou les trous dans lesquels on tombe servent à quelque chose quoique je dise. Marcuard m'a parlé d'amour, nous avons beaucoup blagué en revenant de temps en temps à Alexandre, et j'ai si bien tourné autour de choses brûlantes que c'est un vrai plaisir. J'ai ri de tout avec esprit et des libertés qui se perdaient dans des enfantillages. Dieu sait ce que j'aurais dit il y a seulement un an de cela, ce que j'aurais répondu au Suisse non pas par rapport à Bijou, mais pour des choses... à lui. Je ne saurais trop me remercier et m'exprimer ma satisfaction d'avoir enfin profité avec intelligence et charme des nombreuses et abominables leçons que m'a flanquées la Providence.
Je vous assure que Marcuard a pour moi tout le respect qu'il me doit.
Ce qui est ennuyeux c'est la demoiselle de compagnie de Mme Doubelt qui vient ici et qui est vraiment... drôle, étrange, inconvenante. Ce sont là de désagréables connaissances et compromettantes. Cette jeune personne nous a fait jouer, j'ai perdu (80 francs) à Marcuard, ce n'est pas convenable du tout.
Mais je me suis amusée, je me suis moquée de moi, de tous et de tout ! C'est ce qui est bien et bon, et commode.