Friday, 9 November 1877
Poor Schaeppi in bed! No work, no study — and what expenses!# Vendredi 9 novembre 1877 Cette pauvre Schaeppi au lit ! Ni travail ni études et quelles dépenses !
Ce pauvre des Perrières, je le trouve en rentrant à dix heures de l'atelier. Il fait ses adieux, il part pour Nice et puis pour tout à fait, je ne sais où.
Et dire que je me suis en allée à onze heures et quart pour être à l'heure quand M. Robert-Fleury viendra demain à l'atelier et pour avoir meilleur teint si Popaul venait dîner demain avec nous.
Si je retournais au salon... non. J'en serais fâchée demain. C'est comme par exemple, je serais bien heureuse d'aller passer le carnaval en Italie mais je pleurerais tellement après ce temps perdu. Car après le plaisir il ne reste rien et, ingrat que l'on est ! et l'on se dit qu'on aurait pu s'en passer.
Avec quoi retournerai-je en Italie ? Avec mes robes ! Fi donc ! J'y retournerais et cette fois pour y rester, avec du talent. Il y aura au moins quelque chose de quoi se vanter... devant Melissano !
Par moments... je pense que mon talent... voyez le grand mot... Je saurai faire de beaux portraits mais je passerai comme tant d'autres... Je le pense par moments, c'est-à-dire je me le demande.
Non. Ce sera *plus* que j'aurai. C'est qu'il y a tant de peintres, oui, mais si peu de maîtres. Dans les modernes, point. Non, je me sens une force réelle, et si on pouvait le dire sans offenser Dieu je dirais : Je suis sûre de moi.
Il y en a tant, sans doute, mais en même temps il y en a fort peu, si on est médiocre on est perdu dans la foule car on est comme tout les autres mais si l'on est vraiment grand, la quantité ne vous fait qu'une estrade comme la montagne des pots cassés près de Rome.