Diary of Marie Bashkirtseff

[Two lines crossed out.]

[Deux lignes cancellées.]

In case Marx's Gretchen should please posterity, I beg it to be noted that this picture, which seems strange at first, set me dreaming for three days without cease. It is so entirely the personification of Goethe's poem that one can only admire it if one has understood the poem — which also struck me as a... oddity on first reading.

Dans le cas où la gretchen de Marx plairait à la postérité je prie de remarquer que ce tableau qui paraît étrange au premier abord, m'a fait rêver pendant trois jours sans cesse. Il est tellement la personnification du poème de Goethe que l'on ne peut l'admirer que si l'on a compris le poème qui aussi m'avait paru une... bizarrerie à la première lecture.

It is not possible to be tyrannised thus by friendships at the moment of departure. One may understand it with Mme Batourine, an acquaintance of twenty-five years' standing, who everyone here says truly loves us. But Mme Gerbel and her daughters, Mme Lisander and her daughter! With us from morning... The Lisanders are not a burden — there are people like that. But the Gerbels are overwhelming even while adoring us... At four o'clock we invade the station: 1 Maman, 2 my aunt, 3 Dina, 4 Papa, 5 Walitsky, myself last, and three servants — that makes 9. Lautrec, 10; the Gerbels, 15; the Lisanders, 17; Lanz, 18; the Liemans, 20. What kisses, my Emperor! Fie! I am a horrible egoist to mock people's goodwill.

Il n'est pas possible d'être ainsi tyrannisé par les amitiés au moment de partir. Passe encore pour Mme Batourine qui est une connaissance de vingt-cinq ans, et qui, à ce que tout le monde ici dit, nous aime vraiment. Mais Mme Gerbel et ses filles, Mme Lisander et sa fille ! Depuis le matin chez nous... Les Lisander ne gênent pas, il y a des gens comme ça. Mais les Gerbel sont assommantes tout en nous adorant... A quatre heures nous envahissons la gare; 1 maman, 2 ma tante, 3 Dina, 4 papa, 5 Walitstky, moi enfin et trois domestiques, ça fait 9. Lautrec, 10, les Gerbel 15, les Lisander 17, Lanz 18, les Lieman 20. Que de baisers, mon empereur ! Fi ! je suis une horrible égoïste de me moquer de la bienveillance des gens.

The Lisanders and Lautrec accompany us as far as Eltville, an hour from Wiesbaden.

Les Lisander et Lautrec nous accompagnent jusqu'à Eltville qui est à une heure de Wiesbaden.

Thanks to three thousand five hundred kisses we took a stopping train that stopped more than it moved. Grandfather, believing himself in Russia in his own carriage, cried out — but it made no difference. Thanks to these stops I managed, after a fashion, to see Cologne — Colonia Agrippina — one of the most interesting cities in the world. These old stones, these fragments of blackened columns, are dear to me as friends, as family. I prefer them to all the Gothic cathedrals in the world; yet Cologne's is of a truly striking beauty — though I have been put off that architecture by Milan's, which I shall never be made to admire and which is so admirable, they say. But I have antipathies for churches and cities just as for men.

Grâce à trois-mille-cinq cents baisers nous avons pris un train omnibus qui s'arrêtait plus qu'il ne marchait. Grand-papa, se croyant en Russie et dans sa voiture, criait, mais cela n'y faisait rien. Grâce à ces arrêts j'ai tant bien que mal vu, Cologne, Colonia Agrippina, une des villes les plus intéressantes du monde. Ces vieilles pierres, ces débris de colonnes noircies, me sont chères, amis, parents. Je les préfère à toutes les cathédrales gothiques du monde, pourtant celle de Cologne est d'une beauté vraiment saisissante bien que je sois dégoûtée de cette architecture par celle de Milan qu'on ne me fera jamais admirer et qui est si admirable à ce qu'on dit. Mais j'ai des antipathies pour les églises et les villes comme pour les hommes.

I went to see the house of Rubens — famous on two counts, as a plaque on the wall informs you; a plaque I would have liked to tear from the wall had I been of the royal family of France. A medallion of Rubens occupies the top of the carriage entrance. I asked whether one could go in, recalling my visit two years ago to Michelangelo's house — preserved like a shrine, entered as one enters a temple, with such reverence for the great artist that one never even thinks of mocking the glass-fronted cabinet where his slippers are kept. So I asked whether one could enter.

Je suis allée voir la maison de Rubens deux fois célèbre, ce dont vous instruit une plaque que j'aurais voulu arracher du mur si j'étais de la famille royale de France. Un médaillon de Rubens occupe le dessus de la porte cochère. J'ai demandé si on pouvait entrer dedans me souvenant de ma visite à la maison de Michel-Ange, il y a deux ans; maison conservée religieusement, ou l'on entre comme dans un temple et tant on est pénétré d'admiration pour le grand artiste qu'on n'a jamais l'idée de railler même l'armoire vitrée où sont serrées ses pantoufles. J'ai donc demandé si on pouvait entrer.

"La wohl, gewiss," replied the coachman, "da ist ein gutes Restauration." The wretches! German: "Yes indeed, certainly... there is a good restaurant." [Rubens' house had become a restaurant.]

- la wohl, gewiss, répondit le cocher, da ist ein gutes restauration. Les misérables !

To console myself I bought a litre of Eau de Cologne and arrived that same evening in Paris.

Pour me consoler, j'ai acheté un litre d'eau de Cologne et suis arrivée le soir même à Paris.