Diary of Marie Bashkirtseff

Usually it takes me eight days to equip myself. This time I have been at it for sixteen days and have nothing.

Samedi 7 juillet 1877\\nHabituellement il me faut huit jours pour m'équiper. Cette fois je m'y occupe depuis seize [jours] et je n'ai rien.

Worth and Laferrière are holding all my bodices — which have to be done over and each time turn out worse. What is curious is that after three or four fittings everything is too tight to the point of absurdity.

Worth et Laferrière me tiennent tous mes corsages qu'on est obligé de recommencer et qui vont chaque fois plus mal. Ce qui est curieux, c'est qu'on essaye par trois ou quatre fois et que tout est trop serré au point que c'est ridicule.

The sequel of my reflections on Foster's letter has suggested ideas and projects on which I shall work little by little; you shall know of them if they take on some substance — otherwise there is no point in wearying you with these small intrigues.

La suite des reflexions sur la lettre de Foster a suggéré des idées, des projets pour lesquels je m'en vais travailler peu à peu et que vous saurez s'ils prennent quelque consistance, dans le cas contraire il est inutile de vous fatiguer par ces petites intrigues.

I shall show myself very little in Paris — there are too many people here from Nice; besides… Paris is large… but… unfortunately that crowd always manages to find one another, and the rest matters little. I do not think the Boyds will be a serious social support. And what will harm us greatly is that they saw us at Nice in a rather unfortunate position. We shall see this winter. My mind is at rest when I think of my supreme refuge — the Arts. And then a Season in London presents itself as a very cheerful prospect: the Fosters, a friend of Mme Anitchkoff's at the embassy, and Lady Paget, Berthe's elder sister. And then always — and then a journey to Spain, a new country, removed from all the unpleasantness that has pursued me until now. That is more than enough to restore me, and to let me pass over in silence the present moment.

Je me montrerai fort peu à Paris, il s'y trouve trop de monde de Nice, d'ailleurs... Paris est grand... mais... malheureusement ce monde-là se retrouve toujours et tout le reste importe peu. Je ne pense pas que les Boyd soient un appui sérieux. Et puis ce qui nous fera beaucoup de tort c'est qu'on nous a vus à Nice dans une position assez malheureuse. Nous verrons cet hiver. J'ai l'esprit en repos en songeant à mon suprême refuge, les Arts. Et ensuite une saison à Londres me paraît comme une perspective très riante entre les Foster, un ami de Mme Anitchkoff à l'ambassade et lady Paget, sœur aînée de Berthe. Et puis toujours et puis un voyage en Espagne, pays nouveau et détaché de toutes les saletés qui m'ont poursuivie jusqu'à présent. Voilà bien assez pour me remettre et pour me faire passer sous ce silence le présent.

It is God who in his universal and immeasurable goodness has deigned to grant me these consoling hopes — of which I should like to call myself unworthy… but I assuredly am, since he grants them to me.

C'est Dieu qui dans sa bonté universelle et immense a daigné m'accorder ses consolantes espérances dont je voudrais me dire indigne... mais je le suis assurément puisqu'il me les accorde.

[Crossed out: Sunday, 8 July 1877]

[Rayé: Dimanche 8 juillet 1877]

They say that M. Louis Janvier de la Motte was greatly frightened by my determined manner:

On dit que M. Louis Janvier de la Motte a été très épouvanté de mon air décidé :

— She would keep me under her slipper; I am a child before her.

- Elle me tiendrait sous sa pantoufle, je suis un enfant devant elle.

You see, good people, what comes of taking advice! I consented, with great reluctance, to attend that evening — and I took an instant dislike to those gentlemen from the very first moment. And now it is they who say they did not find me to their taste. The devil take the baronne and all these French customs and usages! When shall I listen to no one but myself? Some people deplore their disobedience — as for me, I have only to repent when I have followed an opinion or heeded advice. One learns true wisdom only through one's own experience.

Voyez, bonnes gens, à quoi mène d'écouter les conseils ! J'ai consenti à aller à cette soirée avec aversion et j'en ai eu tout plein pour ces messieurs dès le premier instant. Et ce sont eux maintenant qui disent ne pas m'avoir trouvée à leur goût. Le diable soit de la baronne et de toutes ces pratiques françaises, de tous ces usages ! Quand donc n'écouterai-je plus que moi. Les uns déplorent leur désobéissance et moi je n'ai à me repentir que lorsque j'ai suivi un conseil ou écouté un avis. On n'apprend la vraie sagesse que par sa propre expérience.

I believe I may… say with some justice that — having been thus, for very little time besides — I have become more reasonable; I see things in a tolerably natural light and have recovered from many illusions and many griefs.

Je crois pouvoir... dire avec assez de raison que depuis fort peu de temps d'ailleurs, je suis devenue plus raisonnable, je vois les choses sous un jour assez naturel et je suis revenue de bien des illusions et de biens des chagrins.

Porcinari writes from Naples that he and his family will shortly be at Aix-les-Bains, and that Melissano is in Rome.

Porcinari écrit de Naples que lui et sa famille sont bientôt à Aix-les-Bains, que Melissano est à Rome.

In any case a stay of some length at Aix would perhaps fit well into the picture. Nothing prevents making the acquaintance of the Princesse de Piedimonte under the easy social conditions of a spa town. The Princess would be a treasure for Naples.

Dans tous les cas un séjour plus ou moins court à Aix ferait peut-être bien dans le paysage. Rien n'empêche de faire la connaissance de la princesse de Piedimonte à la faveur des relations faciles de villes d'eaux. La princesse serait un trésor pour Naples.