Wednesday, 28 March 1877
I rise with almost the certainty that my Bijou will not come today. I am indisposed, which makes me listless and stupid and vexed at everything. Yet the improvement in my looks continues, and I went out walking almost pretty. The Hamontoffs are insufferable! Madame wrote a note this morning, and one had to take Olga walking — she is so dim-witted. I am astonished to have so many people to greet on the Promenade.Je me lève avec la presque certitude que mon Bijou ne viendra pas aujourd'hui. Je suis indisposée, ce qui me rend penchée et imbécile et agacée de tout. Pourtant le mieux de ma figure continue et je me suis promenée presque jolie. Les Hamontoff sont insupportables! Madame a écrit un billet ce matin et il a fallu promener Olga qui est si bête. Je suis étonnée d'avoir tant de monde à saluer sur la Promenade.
Mon *principino* est devenu jeune-homme ! Si vous pouviez vous donner une idée de la figure de Melissano vous auriez un fou rire comme le mien. Tout Naples le remarque et on le plaisante sur cela. Pauvre homme, il est amusant.
Les charcutiers sont arrivés ! Mon Bijou adoré n'aura pas de chambre ! Je savais bien qu'il ne viendrait pas aujourd'hui encore ! Ça c'est mal; il manque aux lois de la plus simple galanterie.
Clair de lune, sérénade, balcon et... Melissano !
Je suis distraite de cette espagnole occupation par la visite de Doenhoff.
Mais qu'est-ce que j'apprends ce soir !!
Monsieur le comte est mort
Mironton, mironton, mirontaine
Monsieur le comte est mort
Est mort et enterré.
bis
Non, ce n'est pas cela, c'est cette maudite chanson de Malborough que je me suis habituée de chanter et qui veut que je l'écrive !
Enfin, c'est que Monsieur le comte est annoncé pour demain matin à l'hôtel d'Angleterre, qui est un supplément de celui du Louvre, parce que chez nous il n'y a pas de place ! cinq personnes dont une est Bijou vont être logées à l'hôtel d'Angleterre et qui ont demandé d'être ici.
Fatalité ! Monsieur le comte a commandé une voiture qui ira le chercher à la gare. C'est nouveau, avant il se promenait en guitare avec la Righi. Maman et surtout Dina sont comme offensées pour moi de ce changement d'hôtel, et Dina a l'extrême obligeance de dire cette phrase :
- S'il l'avait voulu, il pourrait trouver ici, mais il veut être libre...
En quoi et de quoi ! En vérité c'est mettre les gens dans des positions intenables et leur troubler l'esprit entièrement. On voit comme des affronts, des froideurs des... que sais-je !
Ah ! je puis dire que j'ai eu une journée agitée, je suis montée <u>et retombée dix</u> fois; mon indisposition me rendait plus sensible aux moindres choses; je me désespérais, je tremblais pour les moindres mots.
A présent c'est fini, j'ai calmé mon amour-propre blessé par cette *chose.* Mais je suis agacée, je sens que j'écris détestablement et avec des prétentions.
Bijou va arriver enfin ! Et cette joie est gâtée par une attente trop longue d'abord, par la dernière lettre ensuite et pour finir par cet hôtel d'Angleterre qui est séparé du nôtre par deux maisons !
Tout doit être gâté pour moi, et jamais je n'en prendrai l'habitude, c'est si triste.
Un livre m'a retourné les idées, m'a réveillée. J'étais prête à m'endormir en Italie, à présent je veux aller à Paris.
Le baron et la baronne Formosa ont été chez nous les premiers. Maman a fait leur connaissance au Skating par les Fabbricatore.
C'est avec une cruelle envie que je vois les cartes de l'aristocratie Napolitaine près du nom d'une comtesse Autrichienne, sur la carte de l'hôtel ! Chaque jour en passant j'en vois des nouvelles ! Mais grâce à Dieu je puis étouffer les anciens orages.
J'ai tant à dire et je ne sais pas.