Tuesday, 20 March 1877
[Four lines cancelled.][Quatre lignes cancellées.]
Il y a échange de billets avec les Fabbricatore, après quoi moi et Dina allons les voir.
Ah ! j'allais oublier que je suis sortie à neuf heures et demie du matin avec Rosalie, que je suis allée presque jusqu'à la Grande poste et que j'ai vu le monsieur qui veut m'épouser, celui enfin qui s'est montré à Rosalie. C'est le frère du prince de Santasiglia marié à la fille du riche duc de Monteleone. Pendant une demi-heure je n'ai cessé de répéter : quelle figure ! Abominable, Borghése en plus gros et en plus vieux. Fi !
Nous allons au Cercle philharmonique, maman est en velours noir, Dina en bleu et moi en gaze orientale blanche, jupe très longue, corsage de faille décolleté en cœur derrière et carré devant, manches de gaze jusqu'au coude. Perles au cou et cheveux à la neige. Il y a peu de monde, car c'est le même spectacle que l'autre fois, pour la plupart des messieurs. Mihdah Pacha. Bikowsky avec ses cousines s'asseyent près de nous. Bikowsky ne peut pas oublier que je lui ai demandé très sérieusement comment se portent mes chiens. Ce soir il me dit que mes chiens lui télégraphient qu'ils se portent bien. Plus tard vient Pascarola, je cause un peu, mais je suis laide; je n'ai pas de succès !
Déjà à la sortie Pascarola nous présente le duc de San Cesario, président du Cercle. Très spirituel, sympathique et amusant. Il a une femme qui a l'air d'une beauté de trente ans et qui est mère d'un affreux petit jeune de cet âge je crois.
Pascarola et Bikowsky nous accompagnent jusqu'à la voiture. Je me console un peu à la maison en parlant de Monsieur le comte et en rôtissant des macaronis. C'est hier que c'était joli, j'ai fait une omelette avec le feu d'un journal. Ça avait l'air d'un fourneau de sorcier.