Sunday, 25 February 1877
I went out with Maman, then leaving her to go out with Dina I stayed home, tormented!!Je suis sortie avec maman et puis la laissant sortir avec Dina je suis restée à la maison, tourmentée !!
Doenhoff est venu pour quelques minutes m'a fait des compliments sur ma personne et m'a baisé la main. [Rayé: après une (illisible)]. Ses galanteries à la prussienne sont lourdes; quand un Allemand veut être gracieux il devient indélicat. Ce n'est pas pour Doenhoff en particulier que je dis cela, il m'a connu enfant et ne peut pas être considéré comme une simple connaissance.
Mais cela a suffi pour me glacer de terreur
Oh ! que c'est atroce !
J'étais enfant quand j'ai connu Doenhoff, et je n'étais pas folle, cela fait que je m'accommodais de ses manières, à présent dans chaque parole je vois un mépris, un dédain quelconque. Il dit que je suis bien faite, ce n'est pas délicat. Je suis naturellement susceptible et si je ne sais pas transmettre au papier les [Rayé: moindres] nuances, aucune ne m'échappe et les moindres choses à peine dépourvues du plus profond respect me choquent et me font du mal. Jugez ce que c'est à présent que j'ai cette idée maudite !
Après une longue promenade étourdissante sur la Chiaja, pendant laquelle j'ai béni la princesse Muliterno pour sa robe blanche, nous allons à San Carlo. "La Forza del destino". Grand succès de Merisano qui abandonne le ballet au plus bel endroit pour nous voir sortir. J'étais vraiment très intéressante ce soir, ce dont je m'étonne.
Doenhoff est venu dans la loge après un grand dîner chez le prince. Doenhoff très ivre, autrement je ne m'explique pas ce qu'il a dit comme je parlais de théâtre.
- Si votre chemisette venait à craquer, qu'est-ce qui arriverait ?
Je continuai la phrase commencée sur les loges de l'Opéra de Paris et comme maman qui a mal à la tête allait dire une explication sur mon corsage, qui serait une monstruosité, je l'interrompis sévèrement :
- Non, dis-je, est-ce qu'on parle de cela ? Et je continuai de l'Opéra de Paris.
Oui il était ivre car il chancellait et s'en alla de bonne heure avec les autres charcutiers. Ce qui était impayable c'est qu'il a dit : comme ils sont laids ces messieurs italiens !
Larderei ! Je ne sais si je l'aime, je sais que je suis triste et que je l'attends comme le Messie. Demain il y aura quinze jours, demain c'est sa fête, la saint Alexandre. Il n'est pas exact au rendez-vous.
Sérieux ou plaisanterie tout se tourne contre moi, aussi suis-je découragée et mon abattement m'ôte les plaintes.
Je suis tentée de ne plus écrire, à quoi bon enregistrer des misères ?
Ah ! Larderei, s'il venait j'oublierais tout ! Je suis à ses pieds, tant parce qu'il me plaît que parce que je suis la plus malheureuse des créatures de Dieu et que celui qui me ramassera sera trop bon !
Ah ! Larderei... je ne voulais pas le prendre au sérieux, la tragédie m'a fatiguée, mais je me suis habituée à lui.
Ce matin j'ai cru le voir dans la rue et mon cœur [s'est] retourné *en m'envoyant tout le sang au visage.*
*Je suis écrasée ! Je n'ose pas dire que je l'aime, il me semble que je suis indigne et qu'en retour de ma passion il me jetterait une insulte.*
Mais qu'est-il arrivé ? Que suis-je devenue ?
Dieu faites que ce ne soit qu'une folie.