Sunday, 31 August 1876 (19 August) — Supper Party Dynamics
Sunday, 31 August 1876 (19 August) — Supper Party Dynamics
Gritz comme les autres jeunes gens est son camarade de débauches.
— Papa, nous allons souper au jardin.
— Ce n'est pas comme il faut.
— Et non ! fit Gritz en s'appuyant [Mots noircis: de côté] sur son fauteuil pendant que je m'apppuyais de l'autre.
— On dira que Mlle Bashkirtseff a soupé la nuit au restaurant.
— Allons donc, papa, avec son père, le maréchal de noblesse que tous les chiens connaissent et qui est le chef de la jeunesse dorée de Poltava. En effet, c'est scandaleux !
— Mais les chevaux attendent...
— C'est de cela que je voulais vous parler, renvoyez ceux-là et nous rentrerons en fiacre.
— Toi en fiacre, jamais !
— Alors faites atteler les quatre avec lesquels vous êtes venu de Gavronzi - dit Gritz.
— Eh bien, mais souper n'est pas convenable.
— Papa, lorsque moi je descends de ma rigidité et trouve une chose convenable il est ridicule que d'autres pensent autrement.
— Hum... oui... fort bien., hum, faites alors.
Il était humilié dans sa jeunesse d'être entre moi et Gritz comme entre ses enfants.
— Constantin, dis-je, tu es un bon garçon, fais comme je dis, nous nous amuserons ensemble.
— Ah ! ha ! ha ! - et Constantin se mit à rire. Alexandre était tout content de voir qu'on ne m'humiliait pas. Tous les nôtres craignent les humiliations et les sarcasmes des Bashkirtseff. Je prouve bien que je ne les crains pas.
— Tu sais, nous souperons mais c'est uniquement pour te faire plaisir, je suis las de ces amusements.
— Je crois bien. Les hommes sont tous ainsi ! Ils se lassent et ils veulent que les femmes à dix-sept ans soient blasées comme eux, elles qui n'ont encore rien éprouvé de la vie.
— Hum., oui, fort bien, laissons.
Nous avons soupé dans un salon à part, (exigé par papa par respect pour moi).
Bashkirtseff père et fils, Alexandre et Nadine, Pau [Mot noirci : Paul], Pacha, [Mot noirci : Eristoff], Miloradovitch et moi. Celui-ci ne faisait que me mettre mon manteau sur les épaules en m'assurant que je prendrai froid.
On a bu du champagne, Eristoff demandait bouteille après bouteille pour me donner la dernière goutte. Miloradovitch faisait le raisonnable en demandant mon approbation que j'accordais sans hésiter.
On proposa plusieurs toasts et mon ami prenant son bocal se pencha vers moi et me dit doucement: "à la santé de Madame votre mère" et comme il me regardait dans les yeux d'un air *intime,* je répondis aussi à voix basse et avec un regard de franc remerciement et un sourire amical.
Quelques minutes après je dis tout haut :
— A la santé de maman !
Et on bu de nouveau, Miloradovitch guettait mes moindres gestes et cherchait visiblement à se conformer à mes opinions, à mes goûts, à mes plaisanteries même. Et je me plaisais à en changer pour l'embarrasser. Je n'ai bu qu'un demi-verre, mais comme on me versait la dernière goutte de chaque bouteille j'avais l'air de boire toujours et *mon père* m'en fit la remarque. Je lui dis la vérité, et il me dit : Ah ! bien.