Diary of Marie Bashkirtseff

I went to bed at five o'clock this morning, and at two o'clock this afternoon I leave Nice with my aunt.

Je me suis couchée à cinq heures du matin hier et à deux heures de l'après-midi aujourd'hui je quitte Nice, avec ma tante.

Coco, Antonoff, and Walitsky see us off. Antonoff with bonbons and bouquets.

Coco, Antonoff et Walitsky nous conduisent. Antonoff avec des bonbons et des bouquets.

At every moment I am ready to weep; if I spoke I would weep — so I do not speak.

A chaque instant je suis prête à pleurer, si je parlais je pleurerais, aussi je ne parle pas.

— Would you like a pillow? my aunt asks me.

— Veux-tu un oreiller ? me demande ma tante.

— No.

— Non.

— Are you ill? my aunt asks again.

— Tu es malade ? me demande encore ma tante.

— No!

— Non !

— But you are so pale!

— Mais tu es si pâle !

— I am tired.

— Je suis fatiguée.

— You must be ill — what is hurting you?

— Tu dois être malade, qu'est-ce qui te fait mal ?

— Everything!

— Tout !

Then, seeing she was going to make me speak again:

Puis voyant qu'elle allait encore me faire parler.

— Look, my aunt, do not stop me — I am composing.

— Tenez, ma tante, ne m'empêchez pas, je compose.

— Ah!

— Ah !

— Yes — there is nothing like the rattling of a railway carriage for giving one ideas.

— Oui, il n'y a rien comme le roulement d'un wagon pour donner des idées.

— Ah! Then that is another matter — very well, very well, I did not know.

— Ah ! alors c'est autre chose, bien, bien, je ne savais pas.

And she leaves me to compose at my ease.

Et elle me laisse composer à mon aise.

I am beginning to be known on the P.L.M. line1 — at Toulon they receive me like an old acquaintance, and at Marseille too.

Je commence à être connue sur la ligne de P.L.M., à Toulon on me reçoit comme une vieille connaissance, à Marseille aussi.

I remember last time at Marseille I met Gioia.

Je me souviens à Marseille la dernière fois, j'ai rencontré Gioia.

We take a sleeping compartment and I sleep tolerably.

Nous prenons un coupé-lit et je dors passablement.

— Why, said my aunt, do the ushers, and the ticket-takers, and all the people of the Italian Opera bow to you so deeply?

— Pourquoi, dit ma tante, les huissiers, et ceux qui prennent les billets, et tous les gens de l'Opéra Italien, vous saluent si bas ?

— Because they recognize me, no doubt.

— Parce qu'ils me reconnaissent sans doute.

— No — they also recognize many others who have been subscribers far longer than you.

— Non, ils reconnaissent aussi beaucoup d'autres qui sont depuis plus de temps abonnés que vous.

— Then I do not know why.

— Alors je ne sais pas pourquoi.

Then, after a silence:

Puis après un silence:

— Why did Audiffret go so pale when Pasqua began to sing "Connais-tu le pays?"

— Pourquoi Audiffret est devenu si pâle quand Pasqua a commencé à chanter - "Connais-tu le pays ?"

— How could you see? As for me, I can never tell whether people go pale or flush.

— Comment avez-vous pu voir ? Quant à moi je ne puis jamais voir si on pâlit ou rougit.

— Yes, you — because you cannot see at a distance; but I can: he went white as a handkerchief, especially when she sang: C'est là que je voudrais vivre2—etc.

— Oui, vous, parce que vous ne voyez pas de loin, mais moi je vois; il est devenu blanc comme un mouchoir, surtout lorsqu'elle a chanté: C'est là que je voudrais vivre, etc.

— I saw nothing.

— Je n'ai rien vu.

And why should he go pale — perhaps because he feared for the actress's voice?

Et pourquoi pâlirait-il, peut-être parce qu'il craignait pour la voix de l'actrice

The fact is that I am in a very wretched state. And the romance from Mignon makes me weep.

Le fait est que je suis dans un bien misérable état. Et la romance de "Mignon" me fait pleurer.

Notes

The Paris-Lyon-Méditerranée railway — Marie's regular route between Nice and Paris.
"C'est là que je voudrais vivre": "It is there I would like to live" — a line from the aria "Connais-tu le pays?".