Monday, 25 October 1875
# Lundi, 25 octobre 1875
Je sors tard et ne vois personne, comme presque tous les jours nous entrons chez les Sapogenikoff, avant de rentrer. Nous reparlons avec Giroflé d'un petit projet qu'on va mettre bientôt à exécution.
Toutes les fenêtres du château sont éclairées. [Rayé: c'est pour (illisible)]. Cette illumination m'a fait lever les yeux vers la tour surmontée d'un superbe drapeau, sans cela je ne la regarde plus et si on n'en parlait pas tellement à la maison, et le château et l'homme n'existeraient plus pour moi.
Je suis gaie, mais ma gaieté s'éteint dans une soirée en famille.
Les splendeurs des noces du prince Milan de Serbie avec Kechko m'ont peu fâchée, cela m'étonne. Si je suis envieuse c'est le cas d'envier cette fille, mon égale et qui est reine à présent, comme par un coup de baguette, comme dans un conte !
La lecture du "Figaro" finie on retombe dans Girofla.
— Je voudrais bien que des deux côtés les caprices cessent, et qu'ils se marient, dit maman, pour rire sans doute.
— Il n'y a pas de caprices, dit Bibi-moi, mais bien une parfaite indifférence des deux côtés.
Madame ma mère est en verve, elle nous raconte des histoires de moi, Olga, Bibi, Saëtone, Fiouloulou et on rit.
Vraiment le garçon m'est indifférent ce jourd'hui.Je *m'en fiche pas mal.* Mais pour reconstruire mon honneur devant tout l'aréopage je prie Dieu comme je le priais à Bade et alors il m'a donné ce que je demandais.