Friday, 22 October 1875
# Vendredi, 22 octobre 1875
Je me lève de bonne heure, il m'a fallu donc attendre quelque temps pour savoir s'il était là. Il n'est pas parti ! mais c'est pis encore, me suis-je dit en voyant les volets s'ouvrir.
Il pleut, mais à trois heures un temps ravissant et nous sortons. Je vais à pied avec ma tante.
L'homme est sur le balcon du cercle.
Voilà Olga au ciel, leur maison est à côté du cercle, et elle est à sa fenêtre pendant que lui est sur le balcon.
La voiture s'arrête juste devant la banquette où ils sont assis, Bibi et Laurenti. Il ne peut faire autrement que de se lever et venir saluer. Cette abominable créature dit à maman que ces demoiselles font trop de toilettes et qu'il les habillerait en toile de sac.
— Alors vous allez de suite remonter en voiture, Mademoiselle ? me dit-il pendant que je mettais ma jaquette.
— Oui, Monsieur, j'ai assez marché, dis-je mal sûre de moi, fâchée et troublée.
Dans un moment nous passons encore et voyons ces gens sur la même banquette et Saëtone est avec eux.
Maman et ma tante disent qu'il s'occupe d'Olga, je me tais furieuse. Enfin j'éclate en injures contre tous ces Niçois. Ils le méritent.
— Quelle est cette conduite ?
— Qui les a demandés ?
— Ils sont venus et à présent n'ont même pas fait de visites !
Je me mets en colère devant nous tous. Nous montons chez Nina.
Cette folle de Marie qui croit au retour de Cima !