Monday, 12 July 1875
# Lundi 12 juillet 1875
Je déjeune seule avec une mine si satisfaite que c'est à mourir de rire. Je me parle tout bas avec arrogance et fatuité, on dirait que je viens de gagner une Pharsale.
Avant d'aller à la plage je passe chez les Sapogenikoff et quelle est ma surprise. Olga me fait la mine, me parle à peine et quand je l'embrasse rougit et me rend mon baiser sèchement.
— Qu'as-tu donc, ma chère.
— Rien.
— Mais, tu me salues à peine.
Marie est malade, je vais la voir dans son lit, celle-là est comme d'habitude.
— Eh ! bien, ma petite, dis-je en descendant [avec] Olga, est-ce que nous sommes plus aimable ?
— Mais je suis de mauvaise humeur - et cela sans me regarder et d'un air pincé.
— Au revoir, mon ange.
— Au revoir, mon enfant.
Oh ! ho ! ho ! comme hennit Girofla, what is the matter ?
Au bain, nous voyons Saëtone et Danis. Saëtone par une quantité de choses mystérieuses me dit que ces derniers jours j'étais triste, que depuis hier je suis gaie, que je viens de traverser une période que chacun a dans sa vie, en un mot que j'ai reçu une déclaration de son neveu. Je fais semblant de ne rien comprendre et ris de ses mystères et énigmes.
Est-ce que le petit leur a tout dit ou bien devinent-ils ? Ce ne serait pas difficile. Nous nous sommes assez promenés ensemble hier et, depuis que nous le connaissons, il ne nous quitte presque pas. C'est clair pour tout le monde.
Je suis fâchée que l'on me pense touchée.
Enfin Saëtone en me regardant en face avec des yeux pleins de malice me dit d'un air plus que sûr que je n'irai pas à Florence mais que je passerai l'hiver à Nice.
On pouvait ainsi traduire ses discours: Vous aimez d Audiffret, il vous aime, vous vous êtes expliqués hier. Vous l'épouserez et resterez ici.
Je suis jolie avec ma nouvelle coiffure, genre mythologique, très simple et plat devant mais en même temps gracieux et seyant.
Dans l'espoir d'une visite le soir je reste en toilette jusqu'à neuf heures et demie.
J'ai même tressailli au son de la sonnette, mais ce n'était que ma chèvre qui arrivait avec son lait.
Ma tante est déconcertée de ne voir pas Girofla, elle dit qu'il ne viendra plus jamais, que c'est fini.
On ne lui a pas dit de venir. Il dîne chez lui car je vois des lumières sur les terrasses.