Diary of Marie Bashkirtseff

Omnes homines qui sese student praestare ceteri animalibus summa ope miti decet vitam silentius ne transeant, veluti secôra [sic], quae natura prona atque ventri obedientia finxit.1

Omnes homines qui sese student praestare ceteri animalibus summa ope miti decet vitam silentius ne transeant, veluti secôra, quae [sic] natura prona atque ventri obedientia finxit.

Must make great efforts not to pass one's days in oblivion.

*Doit faire de grands efforts pour ne pas passer ses jours dans l'oubli .*

Do you hear! Well done, Sallust — you are my kind of man.

Entendez-vous ! Eh bien à la bonne heure, Salluste, tu es mon homme.

Let us leave Sallust aside and pass to Girofla. My aunt lied when she said she had invited this man for this evening. It was only at the concert, when he told us he was going to Monaco, that she said to him:

Laissons-là Salluste, passons à Girofla. Ma tante a menti quand elle a dit qu'elle avait invité cet homme pour ce soir. Ce n'est qu'à la musique lorsqu'il nous dit qu'il va à Monaco, qu'elle lui dit:

— Instead of going to Monaco, come to us.

— Au lieu d'aller à Monaco venez chez nous.

He replied that he was enchanted, that it would no doubt be a far greater pleasure, and so forth.

Il répondit qu'il était enchanté, que sans doute ce lui sera un plaisir bien plus grand etc.

At eight o'clock all the doors are opened, the first floor lit up, and I come down — in white as always, the Archiduc dress.

A huit heures on ouvre toutes les portes, on éclaire le premier et je descends, en blanc comme toujours, robe Archiduc.

Nina and her Pâris arrive, and Marie and Olga — but I am beginning to weary of these good girls.

Arrivent Nina et son Paris, Marie et Olga, mais je commence à me lasser de ces bonnes filles.

Galula enters and two minutes later Audiffer — very well dressed and pleasant. Then Ricardo (Barnola) — and that is everyone.

Galula entre et deux minutes après Audiffer, très bien mis et gentil. Puis Ricardo (Barnola) et c'est tout.

I introduce Girofla to Maman and to Dina and exchange a few words with him in that gentle, smiling dove-like manner I have adopted — or rather, that has adopted me — since the beginning.

Je présente Girofla à maman et à Dina et échange avec lui quelques paroles de cet air de colombe doux et souriant que j'ai pris ou plutôt qui m'a pris depuis le commencement.

The caterwauling begins — Barnola, then Pâris, then Collignon, then Barnola again, then Pâris — and this last sings so loudly that I do not know where to put myself.

Les hurlements commencent, Barnola, puis Pâris, puis Collignon, puis encore Barnola, puis Pâris et ce dernier chante si fort que je ne sais où me mettre.

[Two lines cancelled]

[Deux lignes cancellées]

It is stupid — when I ought to be pretty, I am not; and when there is no one, as the other evening...

C'est stupide, quand il faudrait être jolie je ne le suis pas et quand il n'y a personne comme l'autre soir...

Well — let us be as we are; what else can one do!

Enfin soyons comme nous sommes, que faire !

There is no way to have five consecutive minutes of conversation with Audiffret — he is always jumping up.

Il n'y a pas moyen d'avoir cinq minutes de conversation suivie avec d'Audiffret, il saute toujours.

I have changed my opinion and find him better close-up than at a distance. Collignon said: "He improves enormously at close range. One can examine all his features — he has a ravishing mouth, superb eyes, a long nose but well-made and handsome, an admirable complexion; and then at a distance he has a common look, and close-up... close-up he does not look common at all." I repeat her words not because Collignon is an authority, but because I am entirely of her opinion and it suits me better to repeat what she said than to speak for myself.

J'ai changé d'avis et je le trouve mieux de près que de loin. Collignon a dit: "Il gagne énormément de près. On peut détailler tous ses traits, il a une bouche ravissante, des yeux superbes, un nez long mais bien fait joli, un teint admirable; et puis de loin il a l'air commun et de près... de près il n'a pas du tout l'air commun.-" Je répète ses paroles non parce que Collignon est une autorité, mais parce que je suis parfaitement du même avis qu'elle et qu'il me convient mieux [de] répéter ce qu'elle a dit que de parler moi-même.

But if I acknowledge him to be so handsome, I ought to be in love with him... as well... Well, no, not at all — and that astonishes me. Not at all — and I repeat once more that it astonishes me greatly.

Mais si je le reconnais aussi beau je dois être amoureuse de lui... aussi.. Eh bien non, pas du tout, et cela m'étonne. Mais pas du tout et je répète encore une fois que cela m'étonne grandement.

[Written across the page: I have always thought like that in these sorts of matters.]

[En travers: J'ai toujours pensé comme ça dans ces sortes d'affaires.]

We move to the dining room where tea and fruit are served on my Russian silver. Audiffret is next to me at table. After the tea we scatter a little.

On passe dans la salle à manger où le thé et les fruits sont servis sur mon argenterie de Russie. D'Audiffret est à côté de moi à table. Après le thé on se disperse un peu.

I am not in love with Girofla because he is not at all Hamilton. Nevertheless, while he is leaning against the mantelpiece, I cannot help admiring his brilliant young face — so fresh and vivid in colouring.

Je ne suis pas amoureuse de Girofla parce qu'il n'est pas du tout *Hamilton.* Cependant, pendant qu'il est appuyé à la cheminée je ne peux m'empêcher d'admirer sa brillante et jeune figure, si fraîche et éclatante de couleurs.

You see — I acknowledge all this, and yet... It is that he lacks that certain je ne sais quoi.

Voyez je reconnais tout cela et pourtant... C'est qu'il lui manque ce certain je ne sais quoi.

I do not like seeing him so friendly with Galula, who is a very ordinary fellow. A notary's clerk — fie!

*Je* n'aime pas le voir si ami de Galula qui est un garçon tout à fait simple. Un clerc de notaire, fi !

I tolerated him as long as I needed him — but since I have come to know Audiffer...

Je le souffrais tant que j'en avais besoin mais depuis que je connais Audiffer.

What I say is ugly — but, alas! true.

Ce que je dis là, est vilain; mais, hélas ! vrai.

On leaving, Audiffer pressed my hand firmly again — I think it is simply his way.

En partant Audiffer m'a encore fortement serré la main, je crois que c'est simplement sa manière.

I dare not say what comes to mind — bah! before myself it does not matter. Let us go ahead!

Je n'ose pas dire ce qui me vient à la pensée, bah ! devant moi ça ne fait rien. Allons vivement !

Well — on touching his hand I receive the same kind of electric shock I used to feel on touching the dreadful Pole's. I have touched many men's hands and only two have this effect on me; and since Merjeewsky loved me, I supposed I might conclude that Girofla...

Eh bien, en touchant sa main je reçois la même espèce de secousse électrique que [je] sentais en touchant celle de l'affreux Polonais. J'ai touché la main à bien des hommes et seulement deux me font cet effet; or, comme Merjeewsky m'aimait, j'ai cru pouvoir supposer que Girofla.

With what caution I say this, good God! It is that one looks so ridiculous when one is mistaken in such matters.

Avec quels ménagements je dis cela bon Dieu ! C'est que I on est si ridicule quand on se trompe en pareilles matières.

Notes

From Sallust, Bellum Catilinae, opening: "All men who wish to excel other animals should strive with all their might not to pass their life in silence like cattle [pecora], which nature has made grovelling and obedient to the belly." Marie writes secôra for pecora — a transcription error from memory. In Latin in the original.