Saturday, 8 May 1875
# Samedi, 8 mai 1875
Je marche avec Sabatini (robe archiduc, chapeau Watteau, *bien* ). Vraiment je suis amoureuse de ma personne.
Je me moque des gens qui veulent me faire croire à la laideur d'Alcibiade.
Je l'adore toujours.
J'ai vu Girofla, *he stared* at me, mais je fis mine de ne pas le voir, ce saligot.
Après un bruyant dîner, au Français "l'Oncle Sam", pièce qui me donne envie d'aller en Amérique, et j'irai en Amérique, l'été prochain à l'Exposition de Philadelphie.
Collignon confondant Basilevitch avec Paskevitch a dit Charles Hamilton.
— Savez-vous Mlle Collignon, lui dis-je, on me taquine, on m'ennuie avec ces Hamilton, et maintenant, si on me bâtonne même, je ne puis me les rappeler, ni l'un ni l'autre.
Alors elle me les décrit et parle de la jolie moustache de Carlo, tout en méprisant et le duc et l'autre.
Cette jolie moustache me fait souvenir de celle de Hamilton, et de ses lèvres, depuis cet instant je devins rêveuse, embrasse Marie et Olga en les laissant à leur porte, et cours devant le miroir aussitôt chez moi pour me regarder avec ma robe rose pâle, coiffure avec une rose de côté, et ma mantille espagnole que je mis pour sortir du théâtre.
Ravissant costume de Rosine qui me rend jolie comme une Espagnole blonde. Mes joues sont de la même couleur que la rose qui est dans mes cheveux, dont la dentelle noire fait ressortir l'or.
Oh ! ce soir je voudrais voir le duc de Hamilton.
Ces lèvres et sa moustache sont devant mes yeux, je m'en vais y rêver avant de dormir.