Saturday, 30 January 1875
# Samedi, 30 janvier 1875
Il fait un temps gris et *je* voulais sortir à peine comme je me coiffais on annonça Mlle Collignon et presque en même temps Mme Sapogenikoff et les enfants. Collignon va chez son docteur, ma tante et Sapogenikoff visiter des appartements et moi, avec Paul et les enfants, à la Promenade. Contre toutes apparences la journée grise et froide s'est changée en une journée belle et ensoleillée. Je me trouve bien complaisante de rester avec Marie et Olga, à seize et quatorze ans, ce sont des petites de dix ans et je dois tant me rajeunir que ça fatigue.
[En travers: Pourtant Marie avait plus de seize ans mais elle si petite.]
Au moment où j'étais le plus ennuyée et pour toute conversation exhibais un sourire qui encourageait ces enfants à babiller et à rire, non décidément je ne suis ni assez jeune, ni assez vieille pour me plaire avec les enfants, en ce moment, dis-je, le diable est venu à mon secours au milieu du Détroit, comme hier.
Je n'aime pas le voir tous les jours à pied à la Promenade. Hamilton ne le faisait pas. Car tout ce qui me plaît doit être réglé sur ce modèle éternel et divin. En l'apercevant je le regardais avec affectation me retournant entièrement la tête et la taille jusqu'à ce qu'il eut [Mots noircis: levé les] yeux, il sentait qu'on le regardait et les leva malgré lui.
Hier en le voyant parler avec ces demoiselles je fus très émue parce que tout à fait de la même façon je vis la première fois le duc de Hamilton au même endroit, dans la même pose et aussi parlant à deux dames, et moi j'étais aussi en voiture et tournais près du jardin public.
Je le vis encore une fois puis il disparut alors je rentrai pour rester avec Collignon. Les Sapogenikoff dînent chez nous et ma tante amène les enfants à l'Opéra, Mme Sapogenikoff rentre et je reste avec Collignon devant ma glace et nous parlons de toutes sortes de choses, je lui disais que je voulais me marier et elle m'a dit qu'à Cannes, il y a un duc de Montrose beau et âgé de vingt-trois ans.
Eh ! bien, c'est mon affaire envoyez-le moi donc.
— Connaissez-vous à Cannes, continuai-je, un sir Frederic Johnstone ?
— Non, pourquoi me demandez-vous cela ?
— Parce qu'il est très bien et que je l'ai remarqué, non vraiment je vais vous dire il n'y a pas d'homme à Nice et quand lui et un autre et son ami sont venus ils étaient comme deux chemises blanches parmi du linge sale.