Monday, 2 November 1874
Lundi, 2 novembre 1874
Je n'ai pas manqué les leçons et suis satisfaite. L'appétit vient en mangeant et l'amour de l'étude en étudiant. J'ai commencé à me désespérer, [Rayé: j'ai cru] je craignais de ne plus pouvoir me remettre au travail, mais je vois avec plaisir qu'il n'en est point ainsi et qu'avec l'aide de Dieu bientôt tout marchera comme avant, mieux peut-être.
Je ne sortis qu'à quatre heures et j'eus le déplaisir de rougir pour ce faquin. Il avait déjà passé et s'était retourné me fixant comme d'habitude. Et je me réjouissais déjà de n'avoir pas rougi, lorsque ma tante regarda, et en cet instant même cria au cocher d'arrêter, presque au moment où mon spectre était encore à la hauteur de la voiture, dans ma frayeur j'ai pensé qu'on arrêtait pour lui, mais c'était pour maman qui était à pied. Alors je devins très rouge.
Dans quelque temps seulement maman demande pourquoi j'étais si rouge quand la voiture s'arrêta. Nous avons rencontré Audiffret, dit froidement ma tante.
Oh ! humiliation !
[Rayé: Je ne saurais]
Je suis humiliée de ce qu'on peut admettre qu'un Audiffret peut me plaire.
Ils me mettent au rang de toutes les jeunes filles.
Miséréré !
Je suis offensée. Et plus je me défendrai moins on me croira. Je me tairai et qu'on pense ce qu'on veut.
Grande misère, on ne s'imagine pas combien je suis fâchée d'être classée parmi les autres bêtes de mon âge et de mon sexe.
Humiliants, bêtes et presque honteux ces soupçons. Comment ne me connaît-on pas ? Pauvres, je les plains !