Saturday, 24 October 1874
Samedi, 24 octobre 1874 L'hiver approche et mes tourments recommencent. Il m'est pénible d'écrire ceci, je l'avais un instant oublié. Notre vie, notre malheureuse vie ! Mon Dieu permettez-moi de vous supplier comme jadis de m'adresser à vous ! Ce que je vous demandais était trop, vous ne me l'avez pas donné. Mais ce que je demande maintenant est ce que tout le monde a ! C'est de vivre en société ! Je ne demande pas des choses extraordinaires, je ne demande que de vivre comme tout le monde. Ce n'est pas une vie mondaine, une vie de plaisirs, de bals, de réceptions que je demande, c'est une vie comme vivent tant de personnes. Seulement être passablement reçus, connaître les bases de la société d'ici, puisque nous avons une propriété, en un mot vivre convenablement. [Rayé: Je ne sais] On dit qu'il ne faut qu'être riche pour être reçus ! Grâce à Dieu nous avons de quoi, plus que beaucoup d'autres, et cependant ! Qu'avons-nous donc fait ? Un procès d'argent, mais tant de personnes ont des procès d'argent, ce n'est pas un crime ! Les Tutcheff, mes chers parents, mon cher oncle, ma chère tante ont fait tout ce qu'ils ont pu pour nous faire regarder de travers.