Friday, 2 October 1874
Vendredi, 2 octobre 1874 Je me lève bien portante et fraîche, grâce à Dieu; on ne me tourmente plus pour ma pâleur. Je m'habille tout de suite (robe grise) et vais sans chapeau à la Promenade où il n'y a pas une âme; je vais regarder les villas Léon et Gioia, les fenêtres de cette dernière sont ouvertes, Paul est avec moi.
Je prévois une guerre pour le pavillon, on y a logé papa, presque aveugle, Trifon qui lui est nécessaire, et il ne peut pas se passer de ma classe où il passe ses journées et où on dîne.
Il ne me reste que la petite cage en haut, cette cage serait adorable, mais avec les autres pièces, seule elle est impossible.
Mais pour me chagriner on a pris, maman a pris un ton lamentable, ce pauvre papa ne peut pas autrement, c'est une barbarie de le déloger etc. etc.
Sans doute, une fois logé, le déloger est impossible, une fois habitué à son âge, de dîner et de passer sa journée dans cette chambre il est impossible de changer cela. Je ne supporte pas les contradictions quand on s'oppose à mes désirs on me blesse et on me rend malheureuse, tandis que, quand on les prévient, on fait que j'ose à peine accepter ces prévenances parce que je suis née avec de la délicatesse qui manque hélas ! à tant de personnes !
Je couche dans mon pauvre pavillon qui m'est enlevé.