Deník Marie Bashkirtseff

# Vendredi 26 décembre 1873

Pro začátek ruším svou hodinu latiny

Pour commencer je fiche ma leçon de latin puisqu'en ouvrant les yeux j'ai trouvé qu'il était dix heures, ensuite je n'ai pas déjeuné du tout. Cela ne m'a pas enragée mais je me sentais fatiguée comme le premier jour du voyage. Nous allons, maman, ma tante, moi et Dina à la poste poster des lettres, puis chez Monier, pour commander des robes pour ma tante et Dina pour la grande soirée musicale chez Mme Howard, samedi prochain. C'est la première sortie de Dina mais misérablement, car nous vivons misérablement, de tous côtés des désagréments, encore cette Séraphine qui ne vient jamais et ne veut pas nous connaître, bien que diadia vienne tous les jours et soit très aimable, tout cela se sait, et ces canailles Tutcheff, dès qu'elles parlent tous les *potins* à Nice, à cause desquels je suis martyrisée

Strýc Sacha poslal výpovědi svědků protivné strany, bolí srdce je číst, je tam tolik lží a jakých lží! lží a hrozných pomluvách! Nechtěla jsem všechno poslouchat, lži mě vyvedou z míry, nemohu je snést! Ó! můj Bože, pomoz nám! Dej nám zvítězit a žít klidně, čestně! Nelze uvažovat o životě, jak miluji, když musíme zahanbit tolik nepřátel.

L'oncle Sacha a envoyé les dépositions des témoins du parti contraire, cela fait mal au cœur de les lire, il y a tant de mensonges et quels mensonges ! des mensonges et des calomnies affreuses ! Je ne voulais pas tout écouter, les mensonges me mettent hors de moi-même, je ne puis les supporter ! Oh ! mon Dieu aide-nous ! Fais-nous triompher et vivre tranquillement, honorablement ! On ne peut pas songer à vivre *comme j'aime* en ayant à confondre tant d'ennemis.

Vévodkyně de Mouchy měla dnes velikánské přijetí a u dveří byli dva strážníci1. Závidím jí! blahoslavená žena, jak jí závidím!

La duchesse de Mouchy avait une grandissime réception aujourd'hui et il y avait deux policemen à la porte. Je l'envie ! la bienheureuse femme, comme je l'envie !

Úryvek z Iliady2 mě zasáhl, je to když Meneláos oznamuje Antilochovi smrt Patrokla: „Na tuto zprávu Antilochos, uchvácen hrůzou, zůstává němý; jeho oči se plní slzami, jeho zvučný hlas je udušen"! Tak jsem se ocitla, když jsem poprvé četla, že se můj Patroklos se žení

Un passage dans "L'Iliade" m'a frappée, c'est lorsque Ménélas apprend la mort de Patrocle à Antiloque: "A cette nouvelle Antiloque, saisi d'horreur, demeure muet; ses yeux se remplissent de larmes, sa voix sonore *est étouffée*" ! C'est comme je me suis trouvée lorsque pour la première fois j'ai lu que mon Patrocle se marie. Je ne savais pas comment m'exprimer, mais Homère m'a enseigné, car c'est exactement ce que je sentais.

„Daleko od očí, daleko od srdce". Nevidím už ty šaty dva dny a už je netoužím mít.

"Loin des yeux loin du cœur". Je ne vois plus les *robes* depuis deux jours, et je ne les désire plus.

Objednala jsem v London House dvě porce nevím čeho k večeři.

J'ai commandé au London House deux portions de je ne sais pas quoi pour dîner.

Chodím zřídka na promenádu.

Je vais rarement à la promenade.

Dnes nebylo slunce, čerstvé, šedé, dobré. Ale celá má procházka proběhla u Moniera, na telegrafě, na poště a u Mortiera; objednala jsem si klobouk, jako můj černý, ale hnědý, ten starý je příliš špinavý. Měla jsem hlad celý den, jsem unavená. Jsem zřídka s Hitchcockovou, téměř vůbec ne, kromě když jdu pěšky nebo na lekci angličtiny, je velmi hloupá ta ubohá slečna Hitchcockova.

Aujourd'hui il n'y avait pas de soleil, frais, gris, bon. Mais toute ma promenade s'est passée chez Monier, au télégraphe, à la poste et chez Mortier; j'ai commandé un chapeau, comme mon noir, mais marron, le vieux est trop sale. J'avais faim toute la journée, je suis fatiguée. Je suis rarement avec Hitchcock presque pas du tout, excepté lorsque je vais à pied ou à la leçon d'anglais, elle est très bête cette pauvre Mlle Hitchcock.

Konečně tolik pokoření, starostí!

Enfin que de mortifications, d'ennuis !

Arson už nepřichází, paní Gaïewsky také ne, všichni tito vepři mi jsou docela lhostejní

Arson ne vient plus, Mme Gaïewsky non plus, tous ces cochons me sont bien indifférents, mais tout de même j'en rage ! Cela me rend malheureuse, cela ôte l'assurance de ma conduite, je deviendrai timide, et par cela insignifiante et simple tandis que d'autres, sûres de l'accueil seront fières, assurées, gaies et passeront pour spirituelles. Tandis que je pourrais dire plus et mieux mais je n'ose pas et reste dans l'ombre.

Ó! Velký Bože!

Oh ! Grand Dieu !

S mou ješitností ponížit se takto! Ale Ty mě chceš zkoušet, snížit, podrobuji se, nemohu jinak, Tvé vůli. Ale doufám, můj Bože, že mě jednoho dne odmění! Ano, můj Bože, Ty jsi dobrý, dáš mi, o co Tě prosím!

Avec mon amour-propre m'humilier ainsi ! Mais Tu veux m'éprouver, m'abaisser, je me soumets, ne pouvant faire autrement, à Ta volonté. Mais j'espère mon Dieu qu'un jour Tu me récompenseras ! Oui mon Dieu, Vous êtes bon, Vous me donnerez ce que je Vous implore !

Odpustíš mi, neboť je ve mně mnoho k trestání.

Vous me pardonnerez, car il y a beaucoup à punir en moi.

Poznámky

Pozn. překl.: V originále anglicky: „policemen"
Ilias - Mariina identifikace: ona jako Antilochos dozvídající se o smrti Patrokla = ona dozvídající se o Hamiltonově svatbě