Samedi 15 mars 1884
Abbema est venue voir mon tableau ce matin; c'est un fille sympathique, dommage qu'on ne puisse la voir autrement qu'en artistes...Il semblait que ce 15 ne viendrait jamais... Il fait un temps radieux et je vais dès lundi ou mardi travailler à la campagne.
Chien de Bastien va non, cette fois je vous le jure, je le lâche à jamais. C'est irrévocable.
Pourquoi y penserai-je ? Il a du talent. Et puis après ? Je le connais à peine, c'est une nature... fermée; et puis il vaut mieux travailler à son propre talent que de se dépenser en admiration.
Il n'a rien que ses tableaux, il y a froideur entre nous. Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ?
Je ne le vois jamais. A qui penser alors ? Mais à mon art jusqu'à ce que vienne un être qui s'imposera.
Ainsi donc adieu cher ange, je te mérpise. Tu fus !