Vendredi 11 juin 1880
Je souffre à crier. Dans l’après-midi Soutzo est venu et je lui ai fait des querelles imbéciles parce qu’il n’est pas un “délicat” et que nous ne sommes pas pareils.
Qu'est-ce qu'il y peut cet enfant que j’hébête ?
Nous sommes sorties avec Mme Gavini. Et maintenant il est près d’onze heures, je souffre, j’ai lu pour comparer Aristote et Platon, parce qu’un nouveau livre de Victor Hugo m’a fait penser à tout cela.
Je donnerais beaucoup pour que quelqu’un, Soutzo, soit là à me tenir la main et à me dire de douces paroles. Il doit aller aux fêtes de Rouen, quand je pense au vide que cela va faire dans mon existence demain, dimanche et lundi, je suis réellement inquiète. Je serais capable de l’envoyer chercher ce soir, je suis si souffrante... je le cache à ma tante en mettant tout sur le compte de la fatigue et du mal de gorge...