Deník Marie Bashkirtseff

Je n'ai rien à faire, je me repose et voilà que les tracas commencent. D'abord cet idiot de Soutzo a donné mon nom et avec Lepic on a mis dans "l'Evènement": “A props de peintre, une jeunne fille Mlle de Bashkirseff qui signe Mlle Russ a envoyé au salon un tableau avec cette légende: La question du divorce. Mlle de Russ n’a que dix-neuf ans. Un peu jeune pour faire concurrence à Alfred Naquet et au père Didon 1! C’est bête, très bête.
Pélikan qui va à Nice est arrivé de Pétersbourg et passera cinq jours avec nous. Serait-ce le voyageur annoncé ?
Je vais voir Mme Gavini avec mon nouveau costume gros vert qui fait sensation. Chez ma modiste il y avait au moins vingt dames qui n’ont fait que me regarder et qui m’ont dépéché la marchande pour savoir qui m’avait fait la merveille.
Puis au Bois, c’était assommant... Ce matin déjà nous sommes allées à l’église et ce soir nous nous sommes confessées pour communier demain.
Notre pope confesse comme un ange, c’est-à-dire en homme d’esprit, quelques mots et c’est fini. Du reste vous savez mes idées là-dessus. Je serais déjà morte de désespoir si [je] ne croyais pas en Dieu mais en revanche les formules et les légendes me laissent froides.