Deník Marie Bashkirtseff

Monsieur Séraphin est venu voir Mlle Rosalie.
Monsieur le comte a loué un appartement tout à côté de chez nous, rue Galilée 47.
Je suis presque convaincue que la conscience et la morale de Cassagnac ne valent pas cher mais il est inutile d'entrer dans sa sale vie privée, c'est comme farceur, poseur et comme homme publique que je le vois.
Ah ! quelle existence ! Quelle existence !
Et puis cet homme est d'une impudence ! je parie que surpris dans quelque action infâme, il ne se démonterait pas et prenant une pose avouerait, expliquerait avec cette franchise affectée, l'affaire, et la tournerait de telle sorte qu'on s'en retournerait convaincu et émerveillé de la droiture et de l'honnêteté, du grand cœur de cet homme.
Le Bois est bien amusant en ce moment. Il y a tout, même deux grands Ducs, même un Larderei à cheval. Tout Rome et Naples et Florence sont ici. On ne fait que rencontrer des figures de connaissance. Larderei m'a donné envie de monter à cheval, j'ai d'ailleurs à prendre une revanche de la partie à ânes de Sorrento.
Il faudrait faire venir mon désormais unique frère.
Je n'ai pas de joie plus grande que lorsque j'entends dire que l'autre frère n'est qu'un tapageur, un insulteur, un., en un mot qu'il n'est pas ce que je regrette. C'est inutile... car au bout d'un instant il force l'attention et la considération et tout le reste. Et je suis si dégoûtée de la vie que je voudrais mourir si je n'avais envie de monter à cheval.