Deník Marie Bashkirtseff

A onze heures et demie grand-papa a eu le bras et la jambe paralysés, de sorte qu'en rentrant pour déjeuner j'ai trouvé tout le monde en larmes, Walitskty ayant déclaré que cela pouvait finir ce soir. Je ne l'ai pas cru un seul instant, on ne me l'a pas prédit et je n'ai rien rêvé.
Cette canaille de Breslau a fait une composition, le lundi matin ou /e choix du modèle . Tout l'atelier est là et les modèles sur la table et Julian à côté de moi et Amélie etc. etc. C'est correctement fait, la perspective est bien, les proportions, les ressemblances, tout.
Quand on sait faire une chose comme ça, on sera un grand artiste.
Vous devinez n'est-ce pas ? Je suis jalouse. C'est bon parce que cela me poussera. Mais il y a six semaines déjà que je dessine !
Breslau sera toujours avant ayant commencé avant, non, dans deux ou trois mois je saurai dessiner comme elle c'est-à-dire très bien. Je suis contente d'ailleurs de trouver une rivale digne, avec les autres je me serais endormie.
Ah ! c'est affreux de vouloir dessiner comme un maître au bout de six semaines d'études.
Grand-papa est malade et Dina est à son poste de garde, de dévouement, de soins. Elle a vingt-deux ou vingt-trois ans je crois et beaucoup embellie et si bonne ! Si le ciel ne lui envoie pas un peu de bonheur... Sapristi ! Je dirais des impertinences au bon Dieu.