Deník Marie Bashkirtseff

Doivent-ils être heureux, Giselle et Balsorano.
Je me suis ré-habillée en blanc. Une robe de drap très épais, à côtes, d'un blanc très foncé, toute unie et ce qui est merveilleux c'est que Worth m'a fait un corsage absolument collant et absolument sans pinces et sans coutures sur les épaules. C'est boutonné devant, et juste au milieu c'est serré par un ruban à l'endroit de la poitrine, ce qui forme de chaque côté trois plis. Et c'est si simple et si naturel que je me demande comment j'ai pu porter autre chose. Toutes mes robes seront faites ainsi et je nomme ce corsage Violette.
Cet excellent Torlonia se rencontre sur le perron. Il dit que l'Américaine de Melissano est une chimère. Il demande la permission de venir chez nous et je lui dis que nous avons pris un appartement aux Champs-Elysées 71, premier étage. Ce qui est vrai.
Nous allons aux courses où nous revoyons la barbe noire et son ami. Ils ne me quittent pas. Dans l'ascenseur et partout. Depuis le matin jusqu'au soir.
Je suis en blanc et je ne dîne pas à la table d'hôte.
Soria me fait des adieux, assez ténébreux ma foi; il a l'air triste. On dirait qu'une femme l'a trompé, peut-être a-t-il simplement mal à la tête.