Deník Marie Bashkirtseff

Pacha a reçu le surnom de philoslave, du prince. Le prince est un malheureux garnement perdu.
Miloradovitch m'écoutait et finit par s'écrier : Ah ! mais elle est charmante ! avec tant de naïveté, de naturel et de plaisir, que cela me fit plaisir à moi-même.
Nadine rentra en calèche avec papa et moi, et pendant que les hommes, excepté Gritz, continuaient de boire à l'hôtel (les dames les avaient gênés) j'allai chez elle et nous nous couchâmes ensemble pour bavarder à l'aise. Papa, entra sérieusement dans son rôle, il m'envoya trois fois Chocolat pour dire que je serais fatiguée si je ne me couchais pas de suite.
Je fis appeler Alexandre et nous avons causé affaires jusqu'à cinq heures du matin, et de cinq à six Paul vint et on parla du père.
— Chère Moussia, disait mon oncle, tu m'as enchanté, ta conduite digne avec Bashkirtseff m'a ravi. Je craignais déjà pour toi mais si tu continues tu le prendras dans tes mains, je te l'assure, moi.
— Oui, dit Paul, [Mots noircis: si tu restes] seulement un mois, tu le domineras et ce sera un vrai bonheur pour nous tous.
Il est convenu avec Alexandre qu'au commencement de septembre j'irai avec lui faire une tournée dans mes biens et nous réglerons toutes les affaires. Je préparerai mon père à cela, j'irai pour trois semaines et reviendrai encore chez lui avant de quitter la Russie. Je le crois bien bigre ! Je dirai, par hasard que tous les biens de ma tante sont à moi. Ces choses-là lui feront un effet salutaire.
Il prit une chambre à côté de la mienne à droite et, dans mon antichambre, il fit coucher son domestique.
— J'espère qu'elle est bien gardée, dit-il à mon oncle, vous savez, je suis un bon vivant, un homme gai, mais du moment que sa mère me la confie, je justifierai cette confiance et je remplirai mon devoir d'une manière sacrée.