Deník Marie Bashkirtseff

La maison est si vide, je m'ennuie tant ^1^ Je ne me console qu'en voyant Audiffret, et pendant que je ne le vois pas suis d'une grande tristesse.
Hier on a parlé de latin, du lycée, des examens. Cela me donne une furieuse envie d'étudier et quand Brunet vient je ne le fais pas attendre et je lui demande des renseignements sur les examens. Il m'en donne de tels qu'après un an de préparation je me sens capable de me présenter pour le baccalauréat ès sciences. Nous en parlons avec Brunet. Quelle pitié que je doive m'en aller de Nice. Quelle sottise de ne pas y avoir songé sérieusement il y a un an ! J aurais pu me présenter maintenant !
Enfin, je me préparerai malgré cela, je puis le faire à Florence et revenir à Nice pour passer.
Depuis février de cette année j'étudie le latin, nous sommes en juillet. En cinq mois j'ai fait, au dire de Brunet, ce qu'on fait au lycée en trois ans. C'est prodigieux.
Jamais je ne me pardonnerai d'avoir perdu cette année ! Cela me sera un chagrin immense, je ne l'oublierai jamais !
Pas d'Audiffret et je m'ennuie. Cette détestable créature ne vient pas au bain et nous la voyons au café de la Victoire.
C'est indigne ! Je doute de tout.
[Six lignes cancellées]