Deník Marie Bashkirtseff

Je plaisante de Doria autant que les autres et ma tante dit: — Quand donc ce Doria prêtera-t-il attention ! Alors maman : — Oui en effet Doria est amoureux de Marguerite, et peut-il prêter attention à n'importe qui. Ma tante: — Marguerite est une femme mariée. Comme je ris ! J'ai reçu de Jeanne une lettre charmante et franche. Comme le temps vole, voilà une semaine que je ne parle pas au comte, excepté bonjour et adieu. J'ai regardé dans La clef des songes, troisième mot à droite en ouvrant le livre pour savoir quoi penser de Merjeewsky - Attachement profond et inaltérable.- C'est charmant. Hier encore j'ai mis sous l'oreiller His Grace etc. et j'ai rêvé qu'il doit arriver. Basilévitch prend le café chez nous. Basilewsky nous a présenté hier le duc de Beaufort, un vieux craqué, et a dit à Basilévitch qu'il nous a présenté Doria. Toute l'après-midi on reste chez soi. Vient le comte, puis Basilewsky qui s'amuse à apprendre à Bagatelle de sauter pardessus sa canne. Vers cinq heures vient Mme Voyeïkoff, sa première visite avec ses enfants. Nous allons dîner tous à la plage, mais je ne mange rien. Je dois être malade, je suis faible et me trouve mal quelquefois. Au salon de lecture pour quelque temps, en sortant nous rencontrons les Foster qui nous engagent d'aller demain visiter Bruges. J'habille maman en rouge, moi en (blanc et argent chapeau, pas mal). Nous nous asseyons à la porte avec la marquise et la comtesse Merjeewsky, c'est bête on a l'air de porte-manteaux, vient Doenhoff, il part demain, mais ce qui est remis n'est pas perdu, a-t-il dit, il pense qu'on peut avoir maman comme asi évite, puis Leiser, le comte Domino Barkowsky, puis on présente un ministre du Portugal, puis Merjeewsky. Ce petit m'invite pour une valse: — Je ne danse pas ce soir, Monsieur. — C'est grand dommage; grand dommage. C'est sans doute pour me dire. Je suis stupide d'avoir tout raconté à tous, depuis ce temps on m'a ôté mon repos. Tantôt je ne le traite pas bien, tantôt je ne suis pas assez aimable etc. etc. On se mêle dans tout. Voilà si je ne chassais Merjeewsky. Quelquefois je rage ! Mais je leur ai déclaré que c'est mon affaire, que j'étais trop bonne de dire et que dans cela personne ne doit se mêler. J'ai mis mon manteau bleu pour sortir, tout le monde l'a trouvé joli, le petit aussi. — "Très jolie mantille". — Je l'avais encore à Spa - et nos yeux se rencontrèrent. Ce petit être est méchant. Quelques minutes avant notre départ il a présenté Plobster à Basilévitch qui toute enchantée l'emmena dans la salle. — Il y a si longtemps qu'elle le désirait - dit la marquise. — Oui, elle le désirait tant, tant - dit la comtesse Merjeewsky. Quand le comte vient près d'elle et dit: — Voilà enfin le désir de Mme Basilévitch accompli. C'est drôle je ne suis pas fâchée. Ce petit exprès ne l'a présenté qu'à Basilévitch