Journal de Marie Bashkirtseff

Gavini nous fait entrer par les portes privilegiees. Je me sentais palir deja dans la cour, les hommes affaires, les couronnes, les yeux rougis et enfin l'imposant, le grandiose catafalque et cette salle toute drapee de noir rendue petite par le nombre des couronnes et les avalanches de fleurs. Les lumieres apres le soleil, le cercueil tout en haut sous le dais entre les quatre colonnes noires enroulees de drapeaux tricolores...
Je me suis mise a pleurer au moment ou maman m'amenait Hecht, l'ennemi qui pleurait aussi i[Mots noircis: en me serrant les mains] et repetant: Oh ! merci, merci !
Je fis un geste en souriant pour m'excuser de pleurer et il est revenu a plusieurs reprises et a la porte ou deja refroidie je voulus passer sans le regarder il me ressera les deux mains avec son larmoyant: merci, merci. Enfin le grand m'a rendu aux realites de la vie ainsi que ce pauvre Gavini qui lui avait pris Hecht pour Bastien-Lepage et qui l'avait comble de graces.