Journal de Marie Bashkirtseff

Essayage de robes, puis le soir Soutzo avec des déclarations à toute vapeur. Il se laisse aller à genoux, me prend les mains et comme un enfant pose sa tête sur mon épaule.
Je laisse faire. Il est très malheureux. Une forêt et des blés ont brûlé là-bas en Roumanie. Et puis il m’aime et je ne l’aime pas et le lui dis, bien que doucement...
Curieuse soirée, j'assistais en spectatrice voulant voir à quel point on peut être émue par un homme qu'on n'aime pas. Je souriais avec une coquetterie particulière et naïve qui lui mettait la tête à l'envers. Je ne jurerais pas de la pureté de ses sentiments puisque je l'excitais à des sentiments impurs...