Journal de Marie Bashkirtseff

Je passe la matinée à arranger des chapeaux et à jouer avec mes chiens. Prater, Coco, Pincio et ses deux enfants Chose et Machin blancs tous les deux.
Chez les Gavini, Chaudordy, Nervo, Las Cases et puis Valentine, la duchesse de Valence.
De Daillens sort d’ici, elle m’invite dîner mercredi, grande soirée après. Vous voyez bien que je vais dans le monde.
Soutzo ne viendra sans doute pas. Ce n’est pas seulement cela mais je me sens entrer dans une série noire, je m’attends à toute sorte d’ennuis, j’ai envie de pleurer et voudrais me fourrer sous une table, fermer les yeux et me boucher les oreilles pourvu qu’on me laisse tranquille.
Julian est venu pour chercher ensemble un fond, en le reconduisant j’ai rencontré Mme de Brimond qui est entrée et est restée une heure chez nous.
Voici une tartine de la “Gazette” des femmes, j’y suis abonnée mais n’y connais personne et me demande qui leur a fourni ces renseignements. La fille de Pélikan et Mme Cross, Anitchkoff et le pope à dîner. Je voudrais bien voir tout ce monde au diable, pourtant je me suis inquiétée si Soutzo viendra ou pas, non pour le plaisir de le voir mais par vanité. Hier soir chez les Franckenstein on a dû lui monter la tête contre moi. Alexis et Bojidar étaient là et les autres.