Samedi 3 avril 1880
Courtès s’en va dans son Angolème. Notre monde ordinaire. Soutzo envoie une merveilleuse corbeille de chez Labrousse de fleurs, roses, camélias, lilas etc. et au milieu des fraises sur tige en terre. En outre une corbeille de fraises énormes.
Ce soir nous allons à la légation de Vénézuela. Miranda a envoyé l’invitation. La colonie espagnole est très élégante, les femmes sont belles et ont de belles épaules, des diamants splendides sauf deux ou trois mères, il n’y avait pas une femme laide ou ayant de ces hideuses nudités que l’on voit dans les bals. Cette belle chaire humaine faisait plaisir à voir. Ma nudité à moi fait sensation. Je suis habillée d’un nuage de tulle comme toujours, seulement j’ai passé à la ceinture les tiges d’une touffe entière de lilas blancs qui retombaient sur le tulle, tout un gros bouquet de branches. On nous présente beaucoup de monde, je danse. Nous faisons connaisance de plusieurs dames. Andrieux vient nous saluer et renouveler ses offres de service en toute occasion.
Il n’a pas présenté sa femme qui était là bien que maman lui ait fait compliment sur sa beauté. Une grande femme blonde, mince, pâle, aux cheveux blonds et crépus, assez jolie.