Journal de Marie Bashkirtseff

Je sors pour accomplir les formalités de bulletins etc. etc. Au salon il y a une foule et des tableaux et des camions et des artistes !
Je vais chez le sous-secrétaire d'Etat pour qu'il signe mon bulletin, le sursis étant accordé à Mlle Bashkirtseff et mon tableau est signé Russ.
Du reste voici un brouillon de bulletin. [Manque] Il est très bien. Turquet, il me dit qu’on lui a parlé de mon tableau, puis... bref je ne sais plus au juste, toutes les courses que j’ai faites.
Tout le monde dans l’après-midi me félicite du sursis et ceux qui ont vu le tableau me félicitent encore plus. Tout cela me tourne presque la tête.
Un sentiment de malaise le soir... Soutzo se pose en ami et me conseille de me consacrer à la peinture vu mon immense talent.
Est-ce que vous croyez que je n’épouserai personne parce que je ne veux pas de vous !!
Ce serait dommage d’abandonner la peinture !
Je ne l’abandonnerais pas pour cela.
Vous vous marierez ?
Certainement, pas avec vous bien sûr mais avec un autre.
Oh ! je sais bien, je n’ai jamais pensé, j’ai toujours cru que... et je le savais d’avance...
Eh bien cela m’agace ! Il dit qu’il n’est même pas amoureux, se sachant indigne, il a tué ce sentiment. Ça m’agace tout ça mais au diable !