Journal de Marie Bashkirtseff

Je tousse autant que possible mais par miracle loin de m’enlaidir cela me donne un air de langueur qui va bien.
Il vient beaucoup de monde et l'on admire beaucoup l'enfant de Berthe qui a dix mois et qui est très joli, un instant dans ses bras, cela fait tableau et l'archange nous regarde avec de beaux yeux honnêtes. Quant à Berthe avec sa robe courte elle a l'air d'une petite bonne élégante. Turquan présente son frère qui est au Sénat et qui doit nous faire entrer aux séances de l'Artide 7.
Quant à Gaillard il nous a eu deux invitations pour le bal de Juliette Lamber aux noms de la princesse Eristoff et de la générale de Meynek. Je lui raconte mon adoration pour Gambetta et il me répond que c'est très grand et en même temps enfantin, parce que je ne vois pas le côté physique qui est hideux. Nous causons de républicains et de salons artisitiques et littéraires et il offre de me présenter Joseph Arnaud mais je refuse parce qu'il est "trop fat"
Le prince Soutzo propose de jouer une comédie lundi 12 janvier veille du jour de l'an russe, et comme nous avions l'intention de réunir quelques amis la comédie est adoptée.