J'ai pris un grand châle à maman, j'ai fait une fente pour la tête et j'ai cousu les côtés en laissant la place pour passer les mains. Ce qui fait le vêtement le plus simple et le plus beau du monde qui n'a qu'un défaut, c'est de n'être pas blanc et ce n'est même pas un défaut. Ce châle qui tombe en plis classiques vous donne un air oriental, biblique, étrange.
Et ce sont mes chers parents qui voient tout cela, qui m'écoutent jouer, chanter, improviser, jurer, blaguer... Horreur et profanation !
Les sons de la guitare se mêlent à des mots à la Cassagnac, le chant sensible et touchant s'éteint pour faire place à une réflexion aussi voltairienne qu'inutile.
Bref... à dîner il m'est venu une idée. Il arrive bien des choses extraordinaires, phénoménales, abracadabrantes dans ce monde. Il en est arrivé de plus bizarres encore, pourquoi n'arrive-t-il pas que Dina et moi épousions Popaul et Gambetta. J'en mourrais d'amusement. Quant à savoir laquelle de nous prendrait Popaul ou Gambetta je vous dirais que cela ne doit pas nous inquiéter... suis-je assez immorale !
Vous savez que Schaeppi n'est pas contente. Elle pensait sans doute que puisque je suis riche je devais lui donner 500 francs.
Pendant que je m'apprêtais à peindre ma tête de mort, ayant selon mon caractère tambouriné préalablement ce projet, Breslau en a peinte [Rayé : déjà] une cette semaine. Cela m'apprend à être moins bavarde. [Mots noircis : Cela m'a fait dire en causant avec les autres que vraiment] mes idées doivent valoir quelque chose puisqu'il se trouve des imbéciles pour ramasser les plus mauvaises et les plus jetées.