Journal de Marie Bashkirtseff

J'ai quitté l'atelier à onze heures et demie pour accompagner le corps de Walitsky jusqu'à la gare de Lyon, je suis arrivée trop tard. C'est à Nice qu'on l'ensevelira, il a là tous ses malades, tous ses amis, tous ceux qui le connaissaient, l'aimaient sincèrement. Tous les jours nous recevons des dépêches et les Anitchkoff écrivent une lettre qui est bien l'expression de ses parfaits et incomparables amis.
Madame de Mouzay saisissant la balle au bond est venue, mais malgré la meilleure volonté du monde on ne pourrait entretenir des relations avec elle parce qu'il faudrait aller à ses soirées et voir tous ces gens et s'étaler dans son salon, etc.
Paul doit partir, deuxième chagrin exempt de colère et d'égoïsme.
J'ai soigné grand-papa toute la matinée, il a pris l'habitude d'être peigné par moi et ce matin, il voulait que je lui coupe les cheveux, ce que j'ai fait assez mal d'ailleurs.