Journal de Marie Bashkirtseff

Pour abréger le temps je dors tard et Doenhoff est entré deux fois au salon sans y trouver personne.
Nasimoff a parlé hier d'une Mme Hamontoff, née comtesse Projex, dont la connaissance serait très agréable et aujourd'hui le mari de cette dame nous a fait une visite pour nous inviter chez eux ce soir à cinq [heures] nous y avons été. Ce sont des gens comme il faut et excessivement aimables.
Puis nous entrons au Skating; je suis à peu près guérie de ma folie, il y avait nos cavaliers du Veglione.
Somme toute, mauvais temps, mauvaise humeur, abrutissement général, ennui au point de ne pouvoir pas dire deux mots. J'ai essayé des robes elles ne me vont plus. Vous comprenez mon juste mécontentement.
Rosalie m'a dit quelque chose ce soir qu'elle brûlait du désir de raconter depuis longtemps : L'cocher [sic] l'a demandée à deux reprises si j'épouserais bien Larderei.
Ce sont des bêtises mais je trouve que c'est très gentil même en plaisantant de ne parler que mariage. C'est une espèce de respect qui flatte ma manie.