Journal de Marie Bashkirtseff

Je me rappelle hier, pendant la course j'ai laissé tomber mon bouquet, Antonelli sauta en bas, le ramassa et fut obligé de grimper à genoux pour remonter.
— Comment va-t-il faire pour monter, s'écria Dina.
— Oh ! c'est très facile, dis-je.
— Tout ce que je fais est très facile, dit le petit, en s'époussetant les genoux, je m'expose au ridicule et c'est très facile, et il se mit à regarder au loin pour faire croire qu'il était piqué.
[Rayé: Ne sachant pas à quelle heure.]
Visconti a été hier chez nous, je lui ai raconté mon rêve papal.
— Archi-mariage ! s'écria le vieux baron.
[En travers: Prière une fois pour toute de ne pas trop accorder d'importance à ce que j'écrivais d'Antonelli. Je l'embellissais pour créer un roman. ]
Dieu le veuille, pensai-je.
Quel ennui ! nous avons manqué le parlement ! Persuadée que cela commençait à douze heures, je me tins prête à onze heures trois quarts. Nous sommes venus lorsque tout était terminé. Le discours du Roi, des députés, tous ces princes ! Bigre. Je remarque que je me laisse aller à mon genre déplorable, si canaille, des expressions si communes, mais bah !
vaut mieux [sic] cela qu'un guindage ridicule; d'autant plus que je le fais exprès.
Nous avons vu Pietro sur le Corso, Pietro sorti le matin, Pietro lisant un journal, comme un homme de bien !
Walitsky descend et va à sa rencontre, quant à nous, nous allons chez Gagiabi acheter des gants pour Dina et les deux hommes nous trouvent là.
— Il est levé depuis neuf heures et demie, dit-il, pour me trouver un cheval, celui qu'il voulait pour moi étant malade il alla m'en chercher un autre et manqua le Parlement.
— Ah ! j'ai travaillé, allez !
— Merci.
Vous savez le genre de vie qu'il mène, il fait de la nuit le jour et du jour la nuit.